Je me permets de reproduire ci-dessous un extrait d’un petit billet : « Cortège-party » que j’avais publié en mai 2009 :
Les manifestations des villes étant devenues intolérables, les autorités, s’inspirant du penseur Alphonse Allais, décidèrent de les mettre à la campagne. Elles prirent conseil auprès des spécialistes en la matière : les organisateurs de rave parties. Des espaces champêtres furent donc aménagés, des circuits de cars organisés et seules les drogues politiques furent tolérées. Les manifestants pouvaient ainsi défiler dans un air pur, brandir des banderoles, crier des slogans, chanter à pleine voix sans gêner quiconque. Les éventuels sauvageons qui n’avaient plus rien à casser, se cassèrent. Quant aux manifestants, d’abord réticents, ils acceptèrent finalement cette solution qui leur permettait de passer une journée à la campagne et de griller quelques merguez. Bien sûr, leurs slogans et leur colère ne pouvaient pas être entendus des ministères, mais comme ils ne l’étaient pas davantage lorsqu’ils défilaient en ville, cela ne changeait pas grand chose.
En publiant ce billet je ne pensais pas que cette idée serait plus ou moins reprise par le Président Poutine, tsar de toutes les Russies.
En effet le Point du 20/02/14 signale qu’à Sotchi une « zone de protestation » est installée à une dizaine de kilomètres des premiers sites olympiques, afin que les jeux d’hiver ne soient pas perturbés par d’éventuelles manifestations hostiles au régime de Poutine et notamment par des opposants aux lois anti-gays.
Cette délocalisation a été efficace car onze jours après l’ouverture des jeux, un seul défilé s’est déroulé dans ce lieu dédié à la mauvaise humeur, celui organisé par le parti communiste russe.