Il y a bien longtemps, j’ai assisté à une altercation entre deux automobilistes. L’un et l’autre cherchant à démontrer qu’il était dans son droit au moment de la collision. L’un était blanc, l’autre était noir. Le noir, sans doute à bout d’arguments, finit par accuser le blanc d’être raciste et ce dernier en est resté bouche bée.
Cette anecdote m’est revenue en mémoire à propos de la polémique qui bouleverse Hollywood au sujet des nominés pour les prochains oscars qui doivent être décernés à la fin février : des artistes noirs protestent du fait qu’aucun acteur ou actrice ayant la peau noire ne figure parmi les nominés depuis deux ans. Ils veulent boycotter la cérémonie en réclamant une meilleure représentation de la « diversité » dans le groupe des acteurs en lice pour les oscars.
Bien sûr, je ne suis pas à même de juger si le jury est partial et/ou raciste alors que des acteurs et actrices noirs méritaient d'être nominés ou si au contraire leurs prestations ne justifiaient pas qu'ils le soient par rapport aux autres (ce qui a été suggéré par Charlotte Rampling en soulevant des protestations offusquées).
Mais réclamer que pour la répartition des récompenses on tienne systématiquement compte de la couleur de la peau, et que celle-ci devienne ainsi un critère aussi valable que le talent me laisse rêveur. Ce genre d’obligation, un tantinet raciste et protecteur, finirait par déprécier le concours lui-même en prenant, à l’extrême, l’allure d’un apartheid avec des oscars pour les blancs et des oscars pour les noirs.
Il est évident que le remède serait l’impartialité du jury, mais juger du talent est éminemment subjectif et sera toujours critiqué par ceux qui ne sont pas sélectionnés.
Contrairement à la course à pied où le chronomètre est d’une impartialité absolue ne permettant pas aux blancs de réclamer une meilleure représentation pour la finale de la course du100 mètres plat.