Balthus : « La leçon de guitare »
La masturbation comme maladie
C’est au début du XVIIIème que la masturbation est devenue une véritable maladie et ce, jusqu’au XXème. C’est le chirurgien John Marten qui introduisit le terme d’onanisme en publiant à Londres en 1712 « Onania, ou l’odieux péché de la masturbation, et toutes ses conséquences affreuses pour les deux sexes ». Il le fit d’ailleurs de façon anonyme, mais il déclencha une panique en annonçant à la population les pires maux dont elle était menacée en se livrant à cette pratique honteuse : cécité, démence, tuberculose, ulcères et convulsions. Mais heureusement que cette bonne âme proposait dans le même temps, pour 12 shillings, un remède dont lui seul avait le secret.
A la fin du XVIIIe siècle, un très réputé hygiéniste de Lausanne, André Tissot, (1728-1792) publia « L'Onanisme. Dissertation sur les maladies produites par la masturbation », qui aura soixante sept rééditions et lui attribue à peu près toute la pathologie. Le souffrant typique était reconnaissable par une expression hagarde, des yeux voilés, un aspect cadavérique et un manque d’énergie et d’initiative, mais aussi des "excroissances charnues sur le front" et des "pustules suppurantes sur le corps". Spectacle effrayant qui va bien au-delà de la simple surdité promise par les autorités morales.
A la fin du siècle suivant, aux Etats Unis, le Dr Kellog, inventeur des corn-flakes, part aussi en guerre. Pour lutter contre le « vice solitaire » on préconisa sans hésiter – et on a pratiqué - : corsets de contention et mains liées, castration, clitoridectomie, application de phénol sur le clitoris, circoncision sans anesthésie, section des nerfs génitaux justement nommés nerfs honteux. La collaboration des chirurgiens à ce délire n'a pas fait défaut.
La masturbation comme thérapeutique
Elle est entrée officiellement dans le sein de la médecine comme une étape incontournable de la procréation médicalement assistée. Mais elle est aussi conseillée pour l’équilibre de l’individu et comme anti-stress.
"Près de 39% des New-Yorkais s'apaisent seuls sur leur lieu de travail pour calmer leur stress", statistique avancée par la société de sextoys Hot Octopuss. Aussi dans l’intérêt de la population cette société a installé une "Guy-Fi" à New York, au croisement de la 28e et 5e rue. C’est une ancienne cabine téléphonique aménagée, gratuite et connectée, équipée d’une chaise pliante et nantie d’une sélection de films pornos, elle permet aux passants de se masturber en pleine rue. "Faire une pause loin du bureau est important", assure l'inventeur de cette cabine. Une centaine d'hommes aurait utilisé cette cabine le jour de son inauguration.
Voir également "Histoire du vibromasseur" pour le traitement de "l'hystérie féminine".
La masturbation comme profession
Mme Ducky Doolittle, l'une des éducatrices sexuelles les plus respectées des USA, est payée pour se masturber. Elle a testé un nombre incalculable de sex toys depuis qu'elle a rejoint l'équipe de Komar, il y a un peu plus d'un an. Elle est chargée de choisir ce que le détaillant va mettre en stock. Elle essaye tout, des vibromasseurs colorés aux lubrifiants parfumés. Lorsqu’elle vide le contenu d’un paquet,
la première question élégante qu'elle se pose serait la suivante : « De combien de manières différentes est-ce que je vais pouvoir baiser ce truc ? ». Expérimentatrice sérieuse, elle essaye de calculer ce qu'elle appelle « l'orgasme au dollar », un concept qui suggère que plus il existe de manières différentes d'utiliser un sex toy, plus ce dernier a de valeur.
L'artisanat et les travaux manuels ont encore de beaux jours devant eux.