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195. Prise de tête à corps perdu

 

Vous achetez deux belles bêtes.

Vous les coupez en deux en séparant proprement la tête du corps.

Vous juxtaposez avec minutie la tête de l’un, bien rafraîchie, sur le corps de l’autre.

Vous pouvez jeter le corps de l’un et la tête de l’autre qui ne servent plus à rien.

Vous irriguez bien, et vous ajoutez les ingrédients nécessaires pour que la tête de l’un reste sur les épaules de l’autre.

L’ensemble peut mijoter jusqu’à vingt heures, et on en fera tout un plat.

C’est un plat chinois avec une garniture italienne selon une vieille recette américaine des années 70, améliorée.

Mais ce n’est pas une recette de cuisine.

C’est une greffe de tête de singe (vivant) sur le corps (vivant) d’un autre singe, accomplie par le groupe du professeur XiaoPing Ren, de l’Université médicale de Harbin (Chine). Le singe a été maintenu en vie pendant 20 heures, le cerveau préservé. L'opération a été réalisée en collaboration avec Sergio Canavero, professeur de neurosciences de cette même université qui l’avait proposé il y a quelques années à Turin après avoir amélioré le protocole chirurgical du neurochirurgien américain Robert White qui tenta des greffes de têtes de chien et de singe dès les années 1970, en laissant sans doute derrière lui un joli carnage.

Il y a un an, un patient, Valery Spriridonov,  jeune russe de trente ans souffrant d’une grave maladie dégénérative s’était déjà porté volontaire pour recevoir un nouveau corps. Une tentative chez l’homme serait envisagée dès 2017, ce sont les fonds qui manquent le plus et peut-être la réflexion.

 

195. Prise de tête à corps perdu

Le Caravage : « Judith décapitant Holopherne »

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D
Oui, ça va loin. Ce sont les questions éthiques qui seront les plus difficiles à trancher si cette technique est permise chez l'homme. Canavero a d'ailleurs demandé à un philosophe de réfléchir à ces questions jusqu'à celle de la procréation éventuelle de cet individu recomposée ou celle de la conservation d'une tête géniale dont le corps est condamné etc...Nous allons créer des chimères monstrueuses.<br /> Quant aux pièces non désirées, elles sont mortes ou condamnées par définition, mais va-t-on enterrer devant la famille des morceaux de corps ?
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P
Cela va trop loin. Considérera-t-on que l'on greffera-t-on la tête d'un vieux paraplégique sur le corps d'un athlète olympique en état de mort cérébrale ou le corps de l'athlète sur la tête du vieillard? Qui sera le greffé?<br /> Je n'ose imaginer qu'on greffera la tête de l'athlète sur le corps du paraplégique (mens non sana in corpore non sano!). Ni que l'on sacrifiera un donneur exotique, jeune et en parfaite santé pour lui prendre son corps. Et que fera-t-on des pièces non désirées?
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C
Oh, pour certaines ONG,  le commerce d'organes par Daech est chose faite depuis longtemps (au profit des pays du golfe, notamment, mais pas que...)<br /> Petite question au médecin : le néophyte que je suis a l'impression que relier un corps à une tête ne devrait pas poser plus de problèmes que certaines greffes particulièrement  complexes déjà réalisées aujourd'hui. 
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L
Je n'oserai pas m'y risquer mais... on ne sait jamais!
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D
Peut-être le font-ils déjà pour les organes.
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C
Je vois là un nouveau marché très lucratif pour Daech : l’exportation de corps décapités ! 
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