Une étude menée par des chercheurs britanniques et américains (rapportée par le magazine Marianne du 5 mai dernier) a consisté à montrer à 300 personnes l’image de visages humains, les uns authentiques, les autres fabriqués à l’aide d’un algorithme. Devant l’ensemble des photos, les personnes sollicitées n’ont distingué les vrais visages des faux que dans 48% des cas. Ce qui est plus intéressant dans cette étude, est qu’il a été constaté que les faux visages inspiraient plus confiance que les vrais sans doute parce qu’ils étaient sans particularité. Dans cette expérience le faux paraissait plus vrai que le vrai et plus amène. Dans notre société, avec les techniques de plus en plus sophistiquées l’image a perdu sa supériorité sur la parole, et avec la diffusion rapide et amplifiée de l’information, qu’elle soit fausse ou vraie, il devient parfois difficile de distinguer le vrai du faux. La confusion est telle que l’on peut remplacer l'un par l’autre surtout si le mensonge est plus séduisant que la vérité ou plus intéressant pour défendre un camp ou une thèse. Le comble de la manipulation est d’échanger les vérités : prendre la vérité de l’autre pour la sienne et attribuer à l’autre sa vérité. La propagande russe actuelle en donne un bon exemple : passer pour l’agressé lorsque l’on est l’agresseur et attribuer à l’autre ses propres méfaits. Illustration : Magritte : « L’Empire des lumières ».