Depuis sa prestation colérique, agressive et mégalomaniaque lors des perquisitions dont il fut, ainsi que son parti, l’objet et dont il s’est empressé, bêtement, de diffuser les images commentées sur les réseaux sociaux, on sait à présent à quoi Mélenchon est insoumis : aux lois de la République qu’il prétend représenter à lui seul.
Le plus drôle est tout de même que Mélenchon, député élu par les Marseillais, se soit moqué d’une journaliste dont il ne comprenait pas (ou ne voulait pas comprendre) les questions en raison de son accent du sud, en l’accusant avec une finesse dont il a le secret de ne pas parler le français.
Cette sortie idiote et méprisante a été suivie par un autre gag* : la proposition de loi d’une députée LREM d’origine africaine Laetitia Avia : « "Parle-t-on moins français avec un accent ? Doit-on subir des humiliations si on a pas (sic) d'intonations standardisées ? Parce que nos accents sont notre identité, je dépose, avec des députés de La République En Marche, une proposition de loi pour reconnaître la glottophobie comme source de discrimination »
D’abord, je remercie Mme Avia de m’avoir appris le mot « glottophobie » que je ne connaissais pas. On a eu la « grossophobie », voilà une phobie supplémentaire. La phobie devient la névrose la plus répandue et elle va contribuer à faire exploser le nombre de minorités dont les particularités devront être respectées et même passées sous silence sous peine de se retrouver devant les tribunaux. Les humoristes ont de plus en plus de soucis à se faire. Ils devront éviter d’utiliser l’accent belge et pas qu’une fois, les films de Pagnol devront être à nouveau sonorisés mais en perdant beaucoup de leur saveur, quant aux accents africain et arabe, ils étaient déjà très mal vus mais n’étaient pas encore punis par la loi lorsqu’on en souriait, même sans la moindre méchanceté.
On nous prépare un monde aseptisé et ennuyeux au langage châtré, un monde composé d’individus susceptibles et fragiles ne supportant aucune ironie. On attend une loi pour interdire « l’imbécilophobie ». Il est vrai que là nous ne serions plus en face d’une minorité discriminée mais d’une majorité.
* Par la suite, Mme Avia a affirmé que cette proposition de loi était en effet un gag, une plaisanterie. Personnellement, je ne le pense pas, je pense plus à un rétropédalage. Toutefois s'il s'agissait effectivement d'une plaisanterie, il n'est pas étonnant que d'autres lois votées se soient révélées des plaisanteries lorsque l'on a tenté de les appliquer.