Mesdames, messieurs, la façon dont vous avez fait des enfants risque de devenir progressivement obsolète. Certes, le coït a des avantages à nul autre pareil, mais la procréation elle-même ne peut pas être laissée aux fantaisies du hasard. Jusqu’à présent il y avait un certain suspense lorsque l’enfant paraissait, moindre depuis que l’on sait reconnaître le sexe avant son apparition et dépister les grosses anomalies congénitales par l’échographie, mais la méthode de procréation ancestrale ne permet pas de renseigner sur la qualité future de l’enfant et son avenir à l’âge adulte.
Ne serait-il pas opportun de généraliser la procréation médicalement assistée et de créer l’embryon dans un tube avant de l’implanter dans un utérus. Car là l’embryon pourrait être scruté pour voir ce qu’il a dans le ventre et le jeter s’il n’est pas bon.
Le test « genetic MoT » développé par des chercheurs britanniques et américains permet en analysant une cellule d’un embryon conçu in vitro de dépister toutes les maladies héréditaires et les prédispositions génétiques à nombre d’affections qui risquent d’atteindre l’enfant dans l’avenir (diabète, maladies neurodégénératives et même cardiovasculaires). Ce test est en cours de validation dans divers pays d’Europe et aux USA.
En dehors de la dérive eugéniste qui se profile et qui pourrait se justifier pour des raisons économiques, on peut se poser au moins deux questions :
1° Ne va-t-on pas jeter à la poubelle de futurs génies ? Les grands hommes (ou femmes) qui ont vécu avec une maladie héréditaire ou dégénérative ne manquent pas. Le grand physicien Stephen Hawking immobilisé dans son fauteuil et quasiment privé de parole en est un exemple. Mais, me direz-vous, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs fécondés.
2° Si l’enfant est parfait, de quoi va-t-il mourir ? Là je n’ai aucune inquiétude avec les virus qui mutent, les toxiques qui flottent, les voitures qui carambolent, les avions qui tombent et les guerres qui rôdent, l’enfant parfait sera mortel, mais malheureusement le test ne dépiste pas encore la connerie.