J’ai dit ailleurs, dans « Hommage à la propagande islamiste » mon admiration pour celle-ci. Une de ses armes est le détournement du sens des mots pour leur donner une signification péjorative et un impact différent. Je suis toujours étonné par l’opération parfaitement réussie pour le terme « islamophobie » qui fut l’exploit de transformer la critique licite d’une religion en un racisme, voire en délit, transformation entérinée non seulement par les idiots utiles mais par l’ensemble des médias et de leurs commentateurs. La critique de la religion musulmane est ainsi devenue une insulte discriminatoire adressée à tous les musulmans. Or on peut critiquer une religion et respecter son croyant. Être islamophobe est devenu honteux et ceux qui sont ainsi traités s’en défendent le plus souvent avec énergie, mais on ne sait si c’est par crainte ou par conviction.
Un autre terme a été détourné de son sens, celui de « sioniste » qui est devenu également une insulte. Elle a été utilisée récemment par l’Algérie à propos de l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Les gouvernants algériens, comme ceux d’autres pays anciennement colonisés, continuent, après des décennies (et jusqu’à quand ?), à se servir de l’ancien colonisateur comme alibi pour excuser leurs insuffisances face à leur population. « Sioniste » est devenu une insulte, alors qu’en dehors d’une grande partie des musulmans et de leurs idiots utiles, tout le reste du monde est sioniste, à commencer par l’ONU. La plupart des pays ont reconnu l’Etat d’Israël et soutiennent son existence, même s’ils peuvent en discuter la politique comme pour tout état. En effet, le sionisme, du nom de la colline de Sion près de Jérusalem où le roi hébreu David avait jadis bâti une citadelle, est le mouvement créé à la fin du XIX ème siècle qui fut à l’origine de la création de l’Etat d’Israël favorisée par le retour de nombreux juifs sur leur terre ancestrale, après avoir échappés à l’extermination voulue et organisée par les nazis et leurs alliés lors de la Deuxième guerre mondiale. Il faut séparer le sionisme à l’origine de la création d’un état juif (en même temps que celle d’un état palestinien qui n’a malheureusement pas vu le jour) des extrémistes messianiques qui sévissent en Cisjordanie. En fait, être antisioniste c’est vouloir la disparition de l’Etat d’Israël et de ses habitants, une perspective qui recrute de plus en plus d’adeptes, même parmi ceux qui nous représentent si mal à l’Assemblée Nationale. Des foules ânonnent sans sourciller le slogan « la Palestine, du Jourdain à la mer » et admettent donc implicitement la disparition des israéliens. Souhaitons que nombre d’entre eux sont suffisamment incultes pour ne pas en connaître la signification.
Illustration : bâtiment de la tombe du roi David sur le mont Sion