L’article précédent montre l’importance du trafic de faux médicaments qui se déversent sur l’Afrique, là où les services de santé peuvent être défaillants, le contrôle insuffisant et l’offre de soins onéreux. Aussi la pauvreté pousse les gens à se procurer de prétendus médicaments à moindre coût sur les marchés. Profiter de la maladie des autres pour se faire de l’argent sans fournir le moindre service en retour et prétendre en fournir un, n’est malheureusement pas l’apanage de ces laborantins sans scrupules.
En ce moment au Liberia où sévit la maladie à virus Ebola, on fait encore davantage dans l’ignominie. On sait que la population reste réfractaire aux mesures prophylactiques et les autorités ont du mal à les imposer. Les gens restent incrédules sur la nature et les causes de cette épidémie, allant jusqu’à accuser les soignants d’en être responsables (et notamment les blancs venus à leur secours).
Les rites funéraires au Liberia comportent une exposition des corps pendant plusieurs jours et les proches viennent leur rendre visite et les embrasser avant qu’ils ne soient enterrés ou incinérés. Ces rites pour les morts par le virus Ebola sont évidemment interdits car ces cadavres exposent à un très haut risque de contamination. Des brigades assurent le traitement des dépouilles.
Les permis d’inhumer ne sont délivrés qu’aux seules personnes pouvant présenter un certificat confirmant que le défunt n’avait pas été contaminé par le virus Ebola. Et que croyez-vous qu’il advint ? D’après une enquête du Wall Street Journal, certains agents des équipes chargées de l’évacuation des corps proposent aux familles d’acheter de faux certificats de décès pour une somme qui va de 40 à 150 dollars, permettant ainsi de promouvoir le baiser qui tue.