La stratégie de l’après-coup
Ce matin, après l’attentat de Nice, nous avons eu droit sur France Inter à une psychothérapie de groupe par un couple psycho-psychanalyste sur la "gestion" du choc post-traumatique .
Irritant.
Ce verbiage semblait offrir une solution à la guerre que les islamistes portent sur le territoire national, utilisant comme mercenaires des Maghrébins de nationalité française ou ayant une double nationalité, de préférence passés par la case délinquance.
Ce couple psycho-psychanalyste tout content de pérorer sur les ondes en apportant leur thérapeutique antiterroriste : comment digérer un massacre.
Une cellule psychologique à l’échelon national à l’instar de ces « cellules » envoyées en urgence sur les lieux d’un drame comme une solution majeure, et dont personne n’a jamais prouvé l’utilité.
Extrait d’un article que j’ai publié en 2009 :
« Homme, ne tirez pas le chapeau sur vos yeux, / Donnez au malheur des mots : le chagrin qui ne parle pas / S’insinue au cœur surchargé et fait qu’il se brise. » (Malcom à son ami McDuff à qui on vient d’annoncer le meurtre de sa femme et de ses enfants, Macbeth A IV s 3)
Encouragés par Shakespeare, les psychothérapeutes sont partout, plus perspicaces pour les autres que pour eux-mêmes. Mais peut-être avons-nous plus de psychologues que d’amis.
Les psychologues sont parfois groupés en cellules et elles doivent se diviser pour se multiplier afin d’intervenir rapidement dans des lieux imprévisibles pour des motifs non programmés mais dont le point commun est le drame.
Dès qu’une catastrophe survient (y compris le gain d’un gros lot), dès qu’un présentateur d’une chaîne télévisée l’annonce, il ne manque jamais de conclure sa présentation par « une cellule psychologique a été constituée ». Ceci pour bien montrer que les choses sont prises en main, que rien n’a été négligé et que, somme toute, l’affaire est réglée et que les victimes n’ont plus à se faire du souci : les psychologues les prennent en charge et leur malheur en sera forcément moins douloureux. Ah ! Que l’on aimerait que les choses soient ainsi, mais je crains que la cellule psychologique suit les catastrophes comme le tonnerre suit l’éclair. Du bruit pour rien*.
Nous sommes toujours en retard d’une guerre. L’Etat islamique nous avait pourtant prévenu, encourageant leurs psychopathes à prendre n’importe quel véhicule pour le lancer contre les mécréants.
Nous sommes dans la thérapeutique, mais peu dans la prévention handicapée par la bien-pensance. Nous déclarons être en guerre, mais nous n’utilisons pas sur notre sol les moyens de la guerre, arguant que c’est ce que cherche à nous imposer l’EI. Et alors. Lorsqu’un responsable déclare que nous sommes face à un ennemi intérieur, il soulève des protestations. Lorsque le gouvernement propose la déchéance de la nationalité pour ceux qui attaquent ou se préparent à attaquer la nation, les bonnes âmes évoquent Vichy qui l’avaient utilisée, non contre des ennemis, mais contre des patriotes.
Nous savons commémorer, compatir, pleurer. Nous savons réagir, mais nous ne savons plus agir efficacement, même s'il est impossible de prévenir tous les actes meurtriers fomentés par des illuminés.
* Des études américaines ont contesté l’utilité et même l’absence de nocivité du « débriefing ». Les Français pensent que leur personnel est mieux formé, mais l’on ignore s’ils en ont démontré l’efficacité (ce qui est d’ailleurs difficile)
