J’ai lu dans différents journaux les avis portés par des chroniqueurs sur le débat entre les cinq candidats arrivés en tête dans les sondages pour les présidentielles, et réunis hier soir sur le plateau de TF1. J’ai eu l’impression de lire des comptes rendus d’une manifestation sportive : les postures, les gestes, les piques, les répliques, les gagnants, les perdants, à cela près que les perdants et les gagnants n’étaient pas toujours les mêmes selon le chroniqueur à la différence du spectacle sportif.
Très peu de place pour le contenu même du débat, pour la bonne raison que ce contenu figure dans les programmes et est déjà connu.
On peut donc se demander quel est l’intérêt de tels débats où il s’agit plus de confrontations entre les concurrents eux-mêmes que de débats argumentés.
En fait, l’intérêt est de juger les concurrents en tant qu’acteurs : sur leur posture, leur expression, leur sang-froid, leur esprit de répartie, voire sur leur humour.
Et il est possible que ce spectacle puisse faire basculer une partie de l’électorat indécis vers tel ou tel candidat uniquement sur des apparences, sur de la superficialité.
On peut donc se demander s’il ne serait pas plus opportun d’utiliser de véritables acteurs en politique, comme ce fut le cas aux USA, et ce ne furent pas les plus mauvais politiciens dans ce pays, d’autant plus que l’essentiel des programmes provient des cogitations et du travail des conseillers. Il suffirait d’avoir pour la fonction, de la prestance, de la mémoire, un peu de caractère, un peu d’esprit et beaucoup de bons conseillers.
Federico Milano : « Trois comédiens »