La parole se libère, ça pétarade de partout et dans tous les sens. Quelques hommes et beaucoup de femmes qui, jusqu’à présent, étouffaient sous un bâillon peuvent enfin parler, et paf ! ça explose depuis quelques mois et parfois à tort et à travers.
Dans le milieu du spectacle où pour réussir des belles et quelques beaux furent amenés à donner un peu de leurs corps avant de pouvoir l’exposer en entier au public.
Dans les entreprises où l’on pouvait être promue ou licenciée selon que l’on s’ouvrait ou se fermait.
Dans des organisations dont l’habitude est pourtant d’exhiber sa morale en bandoulière, et d’avoir l’anathème facile, comme l’ONG anglaise Oxfam où des charitables patentés avaient disposé en Haïti du peu qui restait à prendre dans ce pays dévasté avant de donner. Au syndicat étudiant UNEF ou dans les mouvements de jeunesse socialiste ou communiste, organisations assimilées par certains à des terrains de chasse sexuelle, mais de gauche, pas de mésalliance dans le viol.
Et bien sûr en politique où l’amour du pouvoir pouvait amener à vouloir l’exercer dans des fonctions hors cadre.
Alors pourquoi reprocher à Wauquiez d’avoir libéré sa parole ?
Bien sûr, il ne faut pas mélanger la dénonciation du pire et la franchise osée pour ne pas dire égarée dont il a fait preuve, mais il n’y a pas que le sexe dans la vie. Le pauvre Wauquiez étouffait depuis des années, et d’un coup tout est sorti, il a dit tout ce qu’il avait sur la patate, tout ce qu’il pensait de ses petits camarades de jeu. Pour une fois qu’un politicien dit ce qu’il pense. Je sais, c’est troublant, car on est vacciné au mensonge et léché par la langue de bois. Mais le président de LR a compris qu’il n’est pas sain pour lui de continuer à se retenir, la preuve : il l’a longtemps fait et ses cheveux sont devenus prématurément blancs.
Le voilà enfin libéré…mais peut-être définitivement car les agressions ne sont plus pardonnées.