Magritte : "La méditation"
Avec le temps, l’espace se rétrécit et ce qui n’arrange rien, le temps s’accélère.
Lorsqu’on retourne vers un lieu de son enfance longtemps après l’avoir quitté,
Chacun est surpris en évoquant ses souvenirs devant la réalité :
Le chemin est devenu sentier, la montagne est devenue colline,
le lac est devenu étang, le château est devenu chaumière
et la longue marche de jadis est franchie en peu de pas.
A l’âge adulte, le temps file en s'accélérant et l’espace continue à se rétrécir :
Mer et montagne sont à portée de roues, les pays lointains, à portée d’ailes,
L’astre des poètes d’une pâleur mortelle avale en grimaçant
des capsules projetées par les terriens impudents.
Quadt on devient vieux, l’espace se rétrécit encore, clos entre quatre murs,
Quatre murs blancs qui se rapprochent sournoisement.
Et un peu plus tard, il arrive une chose inouïe,
Sans aucun témoin pour en faire le récit :
L’espace et le temps disparaissent
Et c’est la fin du monde.
Mais en attendant, si on allait prendre l’apéro ?
Paul Obraska