
Dali : Le cabinet anthropomorphique
TIROIRS
Dali imagina sur sa toile brune un meuble humain,
Le tronc en tiroirs, un signe sans espoir de la main.
De son regard brûlant il rendit les montres molles,
Montres de gousset coulant lentement vers le sol.
En les voyant couler, chacun aimerait les retenir,
Mais du temps n’est retenu que le souvenir.
Ah ! Ranger les traces laissées dans la mémoire
En les conservant chacune dans un tiroir,
Comme des photos rangées dans un coffret,
Et regarder du passé ce que l’on choisirait.
Mais les boîtes à souvenirs restent ouvertes,
Les plus beaux s’enfuient et on regrette leur perte,
D’autres nous suivent comme l’ombre de nos pensées,
Et s’infiltrent dans les rêves de nos nuits agitées.
Paul Obraska