En prenant connaissance de la proposition de loi adoptée au Sénat visant à amnistier les délits lors des mouvements sociaux entre le 1er janvier 2007 et le 6 mai 2012, l’élite active des quartiers, Ô combien sensibles à l’égalité des droits, a décidé de se réunir en assemblée générale pour réclamer une amnistie des délits commis dans ces quartiers pendant la même période.
Leurs membres ont estimé que ces délits injustement condamnés par la justice ont été commis pour des raisons sociales. Afin de faire aboutir cette revendication, l’assemblée dans un mouvement unanime a décidé de créer des syndicats pour défendre leurs intérêts avec l’intention de déposer leurs statuts auprès de la préfecture de police.
Les incendiaires de voitures se sont syndiqués estimant que leurs débordements enflammés, pour lesquels certains d’entre eux ont été brièvement condamnés, ne sont l’expression que d’un malaise social particulièrement aigu chaque fin d’année. Les voleurs se sont également constitués en syndicat, estimant que le vol est un appoint nécessaire aux indemnités de chômage manifestement insuffisantes. Les casseurs vont se syndiquer à leur tour, la casse n’étant pour eux que l’expression exacerbée d’une révolte sociale. Le syndicat des dealers estime, quant à lui, que leurs membres remplissent une fonction sociale en favorisant la consommation de produits par lesquels ils tentent d’atténuer le mal-être d’une vie difficile dont la société est évidemment responsable.
Il faut espérer que Mélenchon et les communistes (ça existe encore) entendront ces justes revendications et proposeront d’inclure dans l’amnistie qui doit être examinée par les députés, les délits commis par des déshérités, la plupart transplantés, poussés par une révolte contre les conditions sociales qui leur sont imposées.