Finalement, être député est un sacerdoce. Il faut se préparer à subir des épreuves, et faire preuve de résistance et d’abnégation. Il est probable que les nouveaux élus venus remplacer les anciens, dont on peut comprendre la lassitude accumulée au fil des années, ne s’attendaient pas à la lourdeur de leur tâche. Il était temps de limiter le nombre de mandats consécutifs à trois, cette mesure, enfin envisagée, est tout simplement une mesure de santé publique, voire d’humanité.
Dès le début de leur mandature, les nouveaux députés ont compris la nature des épreuves à subir. A 24 heures d’intervalle, sans période de récupération, ils ont stoïquement résisté à deux discours de 1heure 30.
Le premier, dans la salle des congrès, certes joliment décorée, mais malheureusement surchauffée, avec l’impossibilité de se dégourdir les jambes ou de vider sa vessie. Le rajeunissement des députés a heureusement rendu cette dernière manœuvre moins impérative pour la plupart, mais ce n’était pas le cas des sénateurs qui durent en être préoccupés. Dans ces conditions difficiles, le congrès fut noyé par un discours fleuve de notre nouveau président de la République, déversé d’une certaine hauteur, mais qui en matière de rhétorique semble ignorer la concision.
Le second, dès le lendemain, à l’Assemblée nationale (et sans les sénateurs qui ont pu ainsi bénéficier de soins appropriés), où le Premier ministre du haut de sa haute taille a déroulé sur un rythme rapide et monocorde un long catalogue de petites mesures certaines et de grands vœux à réaliser.
Je me demande, en définitive, si les députés sont suffisamment payés pour leurs sacrifices.