Après que la terre du Népal eût tremblé, le ciel tremble à son tour.
Comme un vol de sauterelles, les avions viennent de tous les coins du monde s’abattre sur Katmandou.
Ils tournent avant de pouvoir atterrir ou atterrissent ailleurs avant de revenir tenter leur chance.
Les uns (Polonais, Indiens…) atterrissent en prétendant débarquer du matériel de secours, mais viennent en réalité évacuer les ressortissants de leur pays sans rien déposer.
Les autres déversent du matériel qui s’amasse sur place et libèrent la fourmilière des secouristes et des ONG. Leur cohue encombre l’aérogare et chaque groupe se fait photographier pour les besoins de la communication.
Chaque pays est représenté, toutes les organisations humanitaires sont là[1].
Il faut être présents, se montrer et s’imposer comme leader dans un secteur.
Certaines, en mission d’évaluation, se montrent sans rien apporter, et les enfants leur jettent des pierres.
Quelle ONG protègera les pays meurtris de la bonté encombrante et des excès du tourisme humanitaire ?
Mercredi dernier, Katmandou a annoncé ne plus vouloir recevoir d’aide.
[1] Le premier avion envoyé par le Quai d’Orsay avait à son bord une cinquantaine de membres d’ONG diverses : « Solidarités International (assainissement d’eau), Action contre la faim, Secours islamique France, Electriciens sans frontières, SOS Attitude, Pompiers humanitaires français, Handicap international ou encore Médecins du monde… » (Source : Laurence Defranoux, envoyée de Libération. Le 30/04/15.)