En 1981, le communicant Séguéla a failli être remercié par Mitterrand pour l’avoir invité à l’accompagner dans sa Rolls. En 2011, DSK, moins inspiré, subit un tir disproportionné pour être monté dans la Porsche de fonction (Lagardère soigne ses collaborateurs) de son communicant.
Je me suis déjà posé la question en mars 2009 : les dirigeants n’ont-ils pas une forme d’autisme ? Enfermés dans leur monde depuis des années, ils semblent avoir du mal à communiquer avec l’extérieur. Sinon pourquoi la plupart des hommes politiques feraient-ils appel à des « spécialistes » de la communication et le titre qu’on leur donne : « spin doctors » est manifestement médical. Ces soignants sont largement payés, j’ignore leurs honoraires actuels mais déjà en mars 2009 ils variaient de 5000 à 10000 € par mois[1], pour se pencher sur le patient et lui apprendre les attitudes à avoir, les paroles à prononcer, la façon de le faire, les petites phrases qui font mouche, les slogans à utiliser, les thèmes à aborder.
Des essaims de communicants tournent autour de nos grosses têtes incapables de d’entrer en relation avec le monde d’en-bas. D’après Le Point du 12/05/11, le record serait détenu par Nathalie Kosciusko-Morizet, inquiète pour sa santé, car elle s’est entourée de six spin doctors ! Six, pas moins. Voilà une polyphonie conseillère qui risque de se terminer en cacophonie.
En constatant le nombre de couacs commis par nos hommes politiques, et qui auraient pu être évités par du simple bon sens, on peut se demander si ces communicants ne sont pas eux-mêmes autistes. Des autistes soignés par des autistes : les choses s’expliquent.