Je rentre de voyage la tête pleine de ces belles visions.
Et je tombe sur un entrefilet du Point d’hier qui m’apprend (comme quoi l’ignorance est un gage de sérénité) que des auteurs d’attentats contre l’Etat, blessés lors de la préparation ou de l’exécution de leur forfait, sont pensionnés par ce même Etat pour l’invalidité consécutive à ces blessures qu’ils se sont bêtement infligés eux-mêmes.
C’est le cas du Corse Christian Berfini devenu aveugle en manipulant un explosif ou de Jean-Marc Rouillan d’Action directe qui jouissait d’une pension pour avoir été blessé en plastiquant le palais de justice d’Albi et que l’ancien patron de la Division nationale antiterroriste n’a jamais pu faire supprimer.
Je pense qu’il faut élargir la perspective et en ces temps de chômage chronique, il serait bon de favoriser les petits boulots. Ces pensions d’invalidité officialisent le métier de terroriste ou d’émeutier. Dans un Etat de droit ayant le souci de l’égalité, un terroriste ou un émeutier qui se blesse dans l’exercice de sa profession a les mêmes droits que les autres professions. Se brûler en incendiant des voitures devrait être considéré comme un accident du travail. Se briser la main en frappant un policier mériterait une pension. Un agresseur, blessé par sa victime qui ne se laisse pas faire, a d’ailleurs les mêmes droits qu’elle et il est donc logique qu’il lui fasse un procès pour coups et blessures ayant entraîné une incapacité de travail. Une victime doit rester une victime jusqu’au bout, sinon il n’y a plus de repères.