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Je m’ingère, donc je suis.

Je m’ingère, donc je suis.

Il n’est pas du tout de ma compétence de juger s’il fallait ou non intervenir en Syrie par des frappes ciblées sur les lieux de fabrication des produits chimiques que le gouvernement de ce pays semble avoir utilisés contre sa propre population civile. Les uns sont pour, les autres sont contre, et dans ces derniers figurent, bien sûr, les ténors de l’opposition, et notamment l’extrême droite et l’extrême gauche qui ne cessent de se rejoindre sur bien des points.

Un des arguments de ceux qui sont opposés à cette intervention française et anglo-saxonne est que la Syrie est un état souverain, et que les membres du Conseil de sécurité n’ont pas à se mêler de cette guerre civile, même si des armes unanimement interdites après leur utilisation lors la Première Guerre mondiale auraient été utilisés par le gouvernement syrien alors que celui-ci est déjà sorti vainqueur du conflit intérieur avec l'appui de ses alliés russes et iraniens.

Mais l’ingérence dans les conflits d’un pays souverain existe depuis longtemps. Cette ingérence peut être justifiée pour la mauvaise cause. L’exemple le plus spectaculaire fut la destruction le 26/04/1937 de la commune basque de Guernica par les aviateurs de la légion Condor envoyé par Hitler pour soutenir Franco dans son coup d’Etat contre la République. A l’inverse, l’ingérence est souvent réclamée par les associations humanitaires pour faire cesser des massacres comme ce fut le cas au Rwanda - Etat souverain - où l'ingérence, que ce soit celle de l'ONU ou celle de la France, a bien trop tardé pour interrompre le génocide.

A notre époque où chaque événement est connu pas tout le monde dans les minutes qui le suivent, et où on peut faire le tour de la planète en quelques heures, la notion d’Etat intouchable, quoi qu’il fasse, parce que souverain, a pris un coup de vieux. Le rapport entre les souverainetés est remplacé par le rapport de forces et la possibilité ou non d’intervenir en dehors de son pays sans prendre trop de risques, quel que soit le motif invoqué. Notons que les Russes ont été prévenus de l’intervention occidentale en Syrie et que celle-ci n’a heureusement provoqué la mort d’aucun soldat russe.

Quant à l’efficacité même de cette l’intervention symbolique (mais onéreuse), nous verrons…

Picasso : « Guernica »

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C
Pour être précis :  selon la presse <br /> • Jaïch al-islam (Armée de l'islam)  et <br /> • Faylaq al-Rahman (Légion du Tout Miséricordieux) <br />  <br /> PS : Naïveté ? selon certains  Syriens chrétiens réfugiés en France, la raison serait que, à  présent que la guerre est gagnée sur le terrain, la question qui obsède le monde musulman sunnite est : va-t-on laisser une terre d'Islam dans les mains d'un chien d'hérétique (alaouite chiite) soutenu par des chrétiens ? <br /> Et celle qui obsède les grandes puissances est : on ne va quand même pas laisser un petit dictateur de merde nous exclure de la reconstruction de ce pays !
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C
Oui, malgré toute l'horreur que m'inspire l'utilisation d'armes chimiques, je ne peux pas ne pas être surpris que Bachar décide d'utiliser des armes interdites à la dernière minute d'une guerre qu'il est en train de gagner. Et pas sur un objectif militaire stratégique. Juste sur quelques civils, dont des enfants (abondamment filmés, évidemment ).  <br /> En plus, les dits "rebelles" qui contrôlaient le quartier touché ( Armée de l'Islam et Combattant de la Miséricorde) annonçaient depuis plusieurs semaines que le régime de Bachar préparait une attaque chimique. <br /> Et Macron et Theresa May qui ont des preuves mais ne les communiquent pour l'instant ni aux journalistes ni à leurs parlements respectifs<br /> Dans cette affaire, je  n'exclus rien : ni un crime commis par un dictateur imbécile, ni une énorme manipulation de l'opinion par des gens qui s'en sont fait une spécialité
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P
Le service des serveurs laisse désirer.
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P
En fait, on ne sait pas grand chose. Sinon qu'on a envoyé des missiles en Syrie.
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S
Je reste perplexe. Les informations sont toujours fournies à l'AFP par la même ONG, L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme. Comment fait une ONG pour savoir d'où vient une attaque armée, chimique ou conventionnelle ? Surtout quand il s'agit d'une ONG aussi douteuse, une émanation des Frères Musulmans financée par les Saoudiens. Quant aux victimes : des photos trafiquées, voire des mises en scène, ça s'est déjà vu.<br /> L'attaque au gaz neurotoxique d'il y a 5 ans pourrait être le fait de rebelles syriens djihadistes eux-mêmes contre leur population, du moins celles qu'ils contrôlent. Ce que le rapport LLoyd-Postol semble confirmer.
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B
florilège légèrement partiel et fortement partial de quelques réactions recueillies de part le monde:<br />  <br /> Amnesty International :<br /> "Le peuple syrien a déjà enduré six années d'un conflit dévastateur, et des attaques chimiques dont beaucoup sont des crimes de guerre", a déploré Amnesty International. "Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires" menées en représailles à l'usage présumé d'armes chimiques par Damas contre sa population, a exigé l'ONG de défense des droits de l'Homme (communiqué).<br />  <br /> Rigoberta Menchu (prix Nobel de la paix 1992):<br /> "Je lance un appel énergique à tous les pays membres des Nations unies pour qu'ils interviennent énergiquement afin de freiner les opérations menées en Syrie par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne", a déclaré sur Twitter la Guatémaltèque Rigoberta Menchu,<br />  <br /> ONU :<br /> "J'appelle les Etats membres à faire preuve de retenue dans ces dangereuses circonstances et à éviter toute action qui pourrait conduire à une escalade et à aggraver la souffrance du peuple syrien", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. (communiqué)<br />  <br /> Turquie :<br /> Les frappes sont "une réaction appropriée" à l'attaque chimique présumée de Douma. "Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime" syrien, a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères (communiqué).
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