L’IRM (Imagerie par Resonnance Magnétique) est une merveilleuse technique qui, mieux que le scanner et sans irradiation par les rayons X, permet de voir sous forme de coupes le corps et notamment les tissus mous et peu denses. Tous les tissus contiennent des atomes d’hydrogène qui sous l’effet d’un champ magnétique s’orientent tous dans la même direction. A l’arrêt d’une stimulation brève par des ondes radio, les atomes émettent un signal en libérant l’énergie accumulée et c’est ce signal qui est traité pour fournir les images.
La première image obtenue par IRM est celle d’un poivron. Du poivron au pénis en érection il n’y a qu’un pas franchi par une équipe hollandaise qui dans une étude (récompensée par le prix satirique IG Nobel en 2000) a démontré que l’IRM permettait d’étudier de l’intérieur les organes génitaux pendant le coït et pendant l’excitation féminine. Faire l’amour dans un tube est une situation inédite mais des couples particulièrement doués ont accepté de la vivre (l’un des couples avait un passé d’acrobates). Peut-être que le champ magnétique a eu sur le pénis le même effet que sur les atomes d’hydrogène en l’orientant dans la bonne direction. Selon le témoignage de l’une des femmes l’érection n’aurait pas tenue lorsqu’on a demandé aux acrobates de cesser de respirer et de ne plus bouger. A la reprise, le couple éclate de rire lorsqu’on leur intime l’ordre de prévenir les opérateurs pour la « photo » au moment de l’orgasme, mais l’expérience a eu une fin heureuse.
Cette étude a tout de même permis de démontrer qu’en position du missionnaire, le pénis n’est pas droit, comme le dessinait Léonard de Vinci en 1493 (« La copulation »). Les auteurs de ce travail ont d’ailleurs remercié Sa majesté la Reine Elisabeth II d’avoir pu reproduire le dessin de Léonard qui appartient à la Collection Royale.
NB. Il est peut-être impertinent de publier ce billet si près de la Saint-Valentin.