Par un décret publié le 10/02/2010 au journal officiel, la France est le premier pays au monde à retirer «les troubles précoces de l'identité de genre» de la liste des affections psychiatriques, cette décision du ministère de la santé (donc politique et non médicale) concernerait environ 50000 Français(es). Mais les transsexuels pourront continuer à être pris en charge par la Sécurité Sociale en classant le transsexualisme comme affection longue durée (ALD) «hors liste». Jusqu'à présent, les transsexuels bénéficiaient d'une exonération du ticket modérateur pour leur prise en charge médicale au titre d'une affection psychiatrique de longue durée avec la dénomination de «troubles récurrents ou persistants», disposition que les transsexuels trouvaient désobligeante (merci pour les patients atteints d’une autre affection psychiatrique).
Philippe Castel, porte-parole de « l'Interassociative lesbienne gay bi et trans. » regrette que pour le changement d'état civil «actuellement, la France oblige à subir une opération chirurgicale qui implique une stérilisation pour passer de ‘M.' à ‘Mme' ou l'inverse sur les papiers d'identité alors que la moitié, environ, des transsexuels ne souhaitent pas changer physiquement de sexe.»
On voit que la situation est complexe : désirer être du sexe opposé serait un désir normal, mais dont l’accompagnement médical et chirurgical continuera à être totalement pris en charge par la société comme une maladie de longue durée, qui de toute façon ne serait pas d’origine psychiatrique, mais uniquement en France. Quelle est donc cette maladie de longue durée qui n’en est pas une ? Par ailleurs les personnes qui désirent changer de sexe aimeraient une fois sur deux conserver celui d’origine. Tout ça fait un peu désordre, non ?
Chacun a parfaitement le droit de vivre sa sexualité non
agressive comme il l’entend, mais je ne vois pas pourquoi la société devrait s’en mêler et payer pour la satisfaction des désirs personnels qui, de l’avis des intéressés, ne seraient pas
pathologiques.