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Il y a autre chose que le coeur sous le gilet de certains

Ce que l’on découvre sous le gilet de certains 

Dessin de Pessin paru dans Slate

Le paradoxe est que sans les journalistes, et notamment ceux de la TV, qui n’ont pas cessé de parler des gilets jaunes et de passer en boucle les images de leurs exploits depuis plusieurs semaines, cette minorité de quelques dizaines de milliers de personnes n’aurait pas eu l’impact sur la société française qu’elle a.

Certes, le génie (qui a eu l’idée ?) fut de revêtir le gilet jaune de la boîte à gants de sa voiture ou du chantier, et d’organiser, non une manifestation unique et localisée, mais des démonstrations multiples et dispersées où ont pu s’exprimer les individus violents et vandales assurant une pression hebdomadaire sur les commerçants, la police, les municipalités qui ont vu bâtiments et mobilier urbain mis à mal, et bien entendu sur le gouvernement, terrorisé à la pensée d’être rendu responsable d’un mort. Ce qui nous a permis de voir cette scène hallucinante d’un boxeur faisant reculer avec ses poings une escouade de policiers nantis de boucliers.

S’attaquer aux journalistes est un très mauvais signe, c’est l’indice d’une pensée qui veut s’imposer dans l’espace public, c’est obliger les autres à penser comme soi, ne pas admettre d’autres versions du monde que la sienne, c’est le premier acte du totalitarisme, celui des autocrates et des dictateurs lorsqu’ils arrivent au pouvoir.

Le paradoxe est que la pensée unique n’existe pas chez les gilets jaunes, il y a autant de pensées uniques que d’individus et cette insatisfaction multiforme risque de rester inassouvie.

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S
Paul Ricoeur, dont Macron a été l'assistant, a théorisé le rapport entre violence et langage. L'indigence de la parole peut amener la violence.<br /> Ricoeur voit dans les procès criminels une "cérémonie de langage" :<br /> La réponse du droit pénal à la violence c'est le procès. On va théâtraliser l'action criminelle en faisant comparaître l'accusé et sa victime dans une cérémonie de langage. Elle va traiter par le moyen d'un conflit d'arguments les conflits de violence. A la question : peut-on étendre à des crimes extraordinaires une procédure pénale appliquée et valide ? Je dis oui. C'est le pari. C'est la riposte aux grands criminels de l'histoire : "Vous serez soumis à notre justice libérale, c'est à dire d'écoute mutuelle, vous aurez droit à la parole . Tout ce que vous avez nié par votre action criminelle nous allons vous l'appliquer équitablement".<br /> (Sur FranceCul, en 2000)<br /> Ce qui explique (peut-être) le retard au démarrage de Macron face à la crise des Gilets Jaunes. Et l'étonnant débat de 7 heures avec les maires de l'Eure mardi ?
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S
Bien sûr qu'on les formate dans les écoles de journalisme. Mais un événement quel qu'il soit, dès lors qu'il est relaté, n'est plus la réalité, mais l'événement passé au filtre idéologique du journaliste. C'est pourquoi le pluralisme est précieux (même s'il y a un conformisme journalistique). C'est pourquoi, on ne touche pas aux journalistes.<br /> Moi, les Gilets Jaunes commencent à me gaver. Longtemps, j'ai trouvé intéressant qu'on parle enfin d'autre chose que des leçons de morale dispensées par le bobo frivole du haut de sa trottinette électrique, du genre et des victimes de notre racisme post-colonial, qu'on rende visible cette France "périphérique" théorisée par Christophe Guilluy. Mais trop c'est trop. Ils doivent faire de l'audimat, j'imagine ?
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C
Il faut se faire une raison, Doc,  c'est ça l'avenir radieux de la démocratie dans notre beau pays : se taire face aux  "journalistes Gilets jaunes" défenseurs de la quenelle de Dieudonné, ne rien dire à propos des centaines de clips antisémites se réclamant des Gilets jaunes, trouver des excuses aux casseurs et aux agresseurs de flics, applaudir les noms de Mélenchon, Ruffin, Le Pen et Besancenot  et...<br /> et, cerise sur le gâteau, agresser les journalistes qui sont tous très riches et au service du pouvoir, c'est bien connu ! c'est connu et  depuis très longtemps puisque il y a plus de quarante ans, je défilais avec mes potes du lycée sous des bannières trotskistes pour dénoncer cela ! <br />  
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B
Rien de bien neuf, pourtant:<br />  <br /> <br /> et même:<br /> <br /> ...seuls, les moyens des uns et des autres a un peu évolué.<br /> Macron qui souhaitait "célébrer" mai 68 en compagnie de son copain Dany le Rouge devrait être satisfait...<br />  <br /> Mais la question n'est pas tant de savoir si s'attaquer à des journalistes est très mauvais signe, que de savoir de quoi est le signe que des personnes aient envie de s'attaquer à des journalistes ?<br />  <br />  <br />  
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P
La violence est inexcusable. En chercher les raisons n'est pas inutile.
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P
A de très rares exceptions près, les media reproduisent la pensée du pouvoir en privilégiant l'image que ce dernier veut donner de la contestation. ("Foules haineuses"). Et à de très rares exceptions près les journalistes sont issus des milieux favorisés.
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