19. Lorsque l’on est hypertendu doit-on modifier son hygiène de vie, son alimentation et cela ne pourrait-il pas suffire à normaliser la TA en l’absence de cause précise ?
20. Une personne hypertendue peut-elle faire du sport ?
21. Une personne hypertendue peut-elle avoir des rapports sexuels sans danger ?
19. Lorsque l’on est hypertendu doit-on modifier son hygiène de vie, son alimentation et cela ne pourrait-il pas suffire à normaliser la TA en l’absence de cause précise ?
En effet, il est bon de suivre quelques règles : réduire sa consommation d’alcool (moins d’un quart de vin par jour pour un homme et deux fois moins pour une femme ou un homme de faible poids , l’alcool est une cause d’HTA), réduire le plus possible sa consommation de sel, privilégier les légumes verts et les fruits (si l’on n’est pas diabétique), éviter la consommation de réglisse, antésite, pastis sans alcool (causes d’HTA) surveiller son poids et le réduire en cas d’excès, avoir une activité physique régulière et progressive, supprimer la contraception orale chez la femme. L’HTA est un des facteurs favorisants principaux de l’athérosclérose et se complique d’ailleurs par son intermédiaire, il importe donc de traiter les autres facteurs de risque éventuellement associés : arrêt impératif du tabagisme, régime pauvre en graisses saturées si le taux de cholestérol est élevé dans le sang. Mais pour ce qui concerne l’abaissement de la pression artérielle, ces règles suivies même de façon draconienne ont une efficacité plutôt décevante : au mieux 1 cmHg ! Mais ne pas suivre certaines d’entre elles comme l’abus de sel ou d’alcool entraîne une poussée tensionnelle. Belle injustice.
20. Une personne hypertendue peut-elle faire du sport ?
Oui, mais à deux conditions : que la pression artérielle soit normalisée par le traitement et que le sport pratiqué soit plutôt un sport d’endurance (par ex : footing, ski de fond, cyclisme de promenade, natation, tennis en double ou de table, golf, volley-ball) que de résistance (par ex : haltérophilie, ski nautique, planche à voile, aviron, sports de combat). On sait que l’activité physique progressive et bien dosée a un effet favorable et que les sports d’endurance élèvent moins la pression artérielle que les sports de résistance. Si l’on veut être certain du bon contrôle tensionnel et de l’absence de danger pour la pratique des sports, il suffit de faire un test d’effort qui permettra de juger du degré d’élévation de la pression artérielle lors d’un effort maximal. Cependant même si la pression artérielle n’est pas encore normalisée, une activité physique régulière sans être « sportive » et compétitive contribuera à l’abaisser.
21. Une personne hypertendue peut-elle avoir des rapports sexuels sans danger ?
Avec un partenaire habituel l’acte sexuel ne nécessite qu’une dépense énergétique modérée, l’effort correspond aux premiers échelons d’un test d’effort (autour de 60 watts) équivalent à la montée de deux étages. Chez un sujet sain d’âge moyen la pression artérielle monte de 4 cmHg et la fréquence cardiaque s’élève à environ 130 battements par minute, c'est-à-dire au-dessous de la fréquence maximale théorique (qui correspond à la consommation maximale d’oxygène par le cœur). Le stress subi par le muscle cardiaque est moindre que celui provoqué par une crise de colère. Tant qu’une fréquence cardiaque de 120/min est bien tolérée, il n’y pas de risque cardiaque particulier.
Pour l’hypertendu(e), il faut surtout tenir compte de cette élévation de la pression artérielle de 4 cmHg. Elle n’aura guère d’importance si avec le traitement son niveau de base est proche de la normale, mais si la TA reste très élevée, cette marge supplémentaire risque d’être néfaste pour les artères du cerveau
Les rapports sexuels ne présentent habituellement pas de danger chez l’hypertendu(e) traité(e) dont la TA est contrôlée, encore faut-il que ceux-ci soient possibles. Divers traitements peuvent en effet réduire la libido des hommes comme des femmes : antihypertenseurs centraux (alphamethyldopa), aldostérone et apparentés et certains bêtabloquants (propanolol). D'autres favorisent les troubles de l'érection : certains bêtabloquants (aténolol, propanolol, bisoprosol), alphabloquants, diurétiques thiazidiques et apparentés, alphamethyldopa.