12. S’il existe des causes à l’hypertension artérielle, pourquoi ne pas les rechercher dans chaque cas ?
13. L’hypertension artérielle peut donc se compliquer même lorsqu’elle est bien traitée ?
14. Mais si l’on commence un traitement, c’est à vie ?
15. Le traitement lui-même ne peut-il pas en créer une autre maladie ?
12. S’il existe des causes à l’hypertension artérielle, pourquoi ne pas les rechercher dans chaque cas ?
Dans au moins neuf cas sur dix l’HTA est dite essentielle, c’est à dire sans cause décelable, le terme « essentielle » venant masquer notre ignorance. Elle peut être familiale, mais sans transmission héréditaire obligatoire. La recherche d’une cause est entreprise - en partie pour des raisons économiques - que dans des cas sélectionnés, soit lorsque des symptômes ou des signes évoquent une cause précise, surtout si celle-ci est curable, soit parce que l’HTA paraît grave, source de complications rapides ou rebelle au traitement médical, la découverte éventuelle d’une cause permettant d’espérer un traitement plus efficace
13. L’hypertension artérielle peut donc se compliquer même lorsqu’elle est bien traitée ?
En théorie non. Imaginons un cas où l’HTA est découverte dès son apparition et que l’on obtienne une normalisation rapide permanente et définitive des chiffres tensionnels par le traitement, les atteintes cérébrales [accidents vasculaires cérébraux], cardiaques [angine de poitrine, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque] ou rénales [insuffisance rénale], ne seront pas plus fréquentes que chez une personne ayant une TA normale, notamment les complications cérébrales. Mais en pratique on ne peut que tenter de se rapprocher de ce cas idéal avec la collaboration du patient.
14. Mais si l’on commence un traitement, c’est à vie.
D'abord, les traitements « à vie » ne concernent le plus souvent que les maladies où un médicament permet de pallier un déficit définitif comme l’absence de sécrétion d’une hormone par une glande endocrine. Ensuite, ce n’est pas le traitement qui entretient la maladie, mais l’inverse. C’est vrai que lorsque l’on commence un traitement on admet la maladie, mais ne pas l’admettre et ne pas se traiter ou cesser de le faire parce que l’on en ressent aucun symptôme - ce qui est le plus souvent le cas pour l’HTA au début – ne fait pas disparaître la maladie, celle-ci continuera à évoluer et lorsque les complications apparaîtront il sera trop tard. Si l’on obtient une TA normale avec le traitement, on ne doit pas considérer ce succès comme une guérison et abandonner les médicaments, car l’HTA réapparaîtra. Par contre les organismes se modifient, il peut apparaître d’autres maladies et la TA s’abaisser au point de rendre nécessaire l’abandon parfois définitif du traitement hypotenseur.
16. Le traitement lui-même ne peut-il pas créer une autre maladie ?
Comme tous les médicaments efficaces, ceux traitant l’HTA peuvent avoir des effets secondaires, parfois gênants ou sérieux, ils régressent à l’arrêt du médicament responsable, et ne provoquent pas de maladie véritable. Les bénéfices qu’ils apportent doivent toujours rester très supérieurs aux risques qu’ils entraînent, c’est un principe général en thérapeutique.