Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais le reproche que l’on fait de plus en plus aux excellences qui nous gouvernent est de les accuser de mépris. Le prix du mépris est décerné à Emmanuel Macron pour ses formules du début de quinquennat qui l’ont épinglé comme un papillon tricolore pour le reste de sa mandature, avec une piqûre de rappel scatologique récente. Nous avons à présent Jean-Michel Blanquer dont les quelques jours de vacances dans l’île considérée comme malfamée d’Ibiza ont été ressentis comme méprisants par le corps enseignant qui digère mal l’écouvillon multirécidiviste. Dans cette dernière affaire, je ne vois pas où est le mépris, même à distance le ministre de l’éducation nationale a assuré ses obligations et pris les décisions nécessaires. Il les aurait assurées en Bretagne ou dans la Creuse, personne n’aurait ressenti le moindre mépris. C’est son lieu de villégiature qui a été considéré comme méprisant, serait-ce de la jalousie ? Le ministre au soleil et les enseignants dans le brouillard, ce qui, à défaut de mépris, est une maladresse certaine (même s’il s’agit d’un voyage de noces). Le monde devient hypersensible, très susceptible, dans une recherche obstinée du statut de victime. Se sentir méprisé c’est entériner un statut d’infériorité, donc de victime. Illustration : Jack Vittriano