Pour la fête de la musique de cette année, comme les années précédentes, je suis resté chez moi. Mais comme je ne suis pas allé à la fête, la fête est venue à moi. Dans le restaurant qui vient de s’ouvrir en face s’est installé un DJ avec son matériel à produire des sons. A vrai dire je n’entends que la batterie. Il existe peut-être une musique, mélodie ou chant, mais je n’entends que du tam-tam. Un bruit monotone et répétitif sans doute destiné à produire un envoutement. En regardant par la fenêtre, l’envoutement a commencé car des gens plutôt bien déshabillés (car il fait chaud) commencent à remuer ou à sauter sur place. La difficulté de cette danse est de ne pas paraître trop idiot et ne pas sourire bêtement. La plupart n’y réussissent pas et on comprend pourquoi. D’autres ont l’air de souffrir, peut-être que le nombre stratosphérique de décibels envoyé sur les tympans y est pour quelque chose. Berceuse traumatisante pour le nuit. Illustration : Tejedor Aaron Blanco