« Après les pharmacies, les bureaux de postes, les mairies ou encore les supermarchés, les gares pourraient à leur tour accueillir des cabines de télémédecine. La société SNCF Gares et connexion a ainsi publié un appel d'offres pour équiper 1 735 gares de ce type de dispositif. Elles pourront être installées dans les halls, sur les parvis ou dans les parkings des gares, situées dans des Zones d’intervention prioritaire ».
Il est vrai qu’avec des cabines situées dans les gares, on gagne du temps pour obtenir un arrêt de travail avant de prendre le train pour quelques jours de congé. Le terme d’usager de la médecine est déjà couramment utilisé pour désigner un patient, ce qui m’a toujours hérissé le poil surtout lorsque cet usager est réellement malade, car le terme d’usager sous-entend que le malade « utilise » la médecine comme il prendrait le train, alors qu’il est malheureusement obligé de le faire. Mais ces cabines qui tendent à couvrir tous les lieux fréquentés permettent de remplacer le terme déjà vilain d’usager par celui de consommateur.
Le consommateur de médecine pourra se rendre dans une cabine de consultation après avoir fait ses emplettes dans la boutique mitoyenne. Quel genre de médecine peut-on faire de cette façon ? Quel irrespect pour une profession vitale ! Quel mépris pour des personnes qui ont consacré jusqu’à dix ans de leur vie pour se former. Mais je me pose une question : la multiplication des cabines ne multiplie pas les médecins, le corps médical tendant à se réduire, combien faudra-t-il de médecins pour assurer une permanence dans les petits magasins de consommation médicale ? On ne semble guère s’en préoccuper. Le personnel médical manquera sûrement, et l’attente dans une cabine manquera de confort.
Alors pourquoi ne pas remplacer les médecins par un robot de l’intelligence artificielle ? Ces cabines sont un pas de plus vers la déshumanisation de la médecine, et sans doute que l’IA sera plus réticente à accorder des arrêts de travail avant de prendre le train pour une villégiature (bien que l'IA n'est pas si intelligente que ça et plus facile à berner qu'un homo sapiens). Une solution économique à tous les points de vue et étant donné l’agressivité croissante des consommateurs de médecine, l’impatient pourra se venger sur le matériel de la cabine (assuré) mais pas sur l’humain lointain s'il n'est pas absent ou un serveur au bout du monde.