Wang Zheng, un responsable du centre commercial de Wanxiang Tiancheng dans la ville de Shijiazhuang (dans la province d’Hebei) est fier du nouveau parking réservé à l'usage exclusif des femmes pour "répondre à la perception forte de la couleur chez les femmes et à leur appréciation différente de la distance". Les places sont ainsi d'un mètre plus larges que la normale et les panneaux de signalisation plus colorés (AFP du 28/12/09).
Une requête sur Google rédigée : « femmes au volant » donne 529000 réponses ! Il est toujours délicat et souvent faux de globaliser et de trouver telle ou telle caractéristique à un groupe humain et de l’attribuer automatiquement à tous les membres de ce groupe. Pourtant, les différences entre les sexes dans la conduite automobile semblent intéresser beaucoup de monde. D’abord les hommes qui portent souvent un jugement peu amène sur la façon de conduire des femmes, même en dehors de ceux qui considèrent leur voiture comme le prolongement de leur virilité : « A cheval sur deux files ! Mais qu’est-ce qu’ELLE veut faire ! Qu’ELLE se décide ! Evidemment ELLE a mis son clignotant du mauvais côté ! », pour s’apercevoir en dépassant la voiture qu’il s’agissait d’un homme.
Les compagnies d’assurances ne manquent pas de faire des enquêtes sur le sujet dont il ressort que les femmes apparaissent plus prudentes (du moins à partir de la trentaine) ce qui énervent parfois les hommes qui font les gros yeux derrière. D'après une étude allemande réalisée sur deux ans par des chercheurs de l'université de Greifswald, les hommes provoqueraient 3,5 fois plus d'accidents que les femmes (du moins en Poméranie), sauf dans la tranche d'âge des plus jeunes (18-25 ans) responsables de plus d’accidents que les hommes. A noter qu’il y a peu de femmes parmi les routiers, qu’elles sont moins alcoolisées, que leurs voitures sont en général moins puissantes et que pour un même kilométrage, leurs trajets sont habituellement plus courts et plus souvent en ville que sur la route. Le refus de priorité et le dépassement des limites de vitesse seraient plus volontiers masculins et s'encastrer dans un arbre apparaît même comme une spécialité masculine. Les erreurs en matière d'appréciation des distances au moment d'un dépassement seraient plus volontiers féminines.
Et comme toujours, les données statistiques sont inapplicables à l’individu, aussi, en conduisant, rangeons nos clichés et regardons la route plutôt que la personne au volant.
