Dans le lexicon (H) j’avais défini l’homéopathie comme une preuve de l’efficacité du placebo, définition avec laquelle une de mes amies n’a pas été d’accord. J’ai consacré une petite chronique médicale à ce sujet (42. « Rien c’est déjà quelque chose »). L’effet placebo est l’« effet thérapeutique induit par une substance inerte ou une procédure inactive » et elle entre pour 30% dans l’action de toute thérapeutique. Les dilutions à la base de l’homéopathie sont telles qu’il n’y a pratiquement plus de produit initial dans la préparation (ce qui a conduit des chercheurs à tenté de démontrer que l’eau avait la « mémoire » du produit qui avait baigné dedans)
Beaucoup considèrent que l’amélioration spontanée ou avec une thérapeutique inefficace est la conséquence de modifications biologiques induites par la conviction d’avoir été traité à laquelle s’ajoute peut-être un effet Hawthorne qui correspond à la situation dans laquelle les résultats d'une expérience ne sont pas dus aux facteurs expérimentaux mais au fait que les sujets ont conscience de participer à une expérience ce qui se traduit par une plus grande motivation. L’effet placebo peut être aussi expliqué par une réduction du stress, de l’anxiété et une amélioration de l’humeur où intervient la façon de donner.
L’attente des patients est influencée par la culture, la personnalité de ceux-ci et les caractéristiques des thérapeutiques : gélule plus que comprimé, prix plus cher du traitement, injection plus que voie orale, chirurgie plus que médicaments. Certains travaux ont montré que l’arthroscopie thérapeutique était aussi efficace qu’une simple incision et qu’il existe un effet placebo dans la chirurgie du Parkinson.
Le système nerveux central est probablement le principal médiateur de l’effet placebo par l’activation de certaines structures corticales et sous corticales.[1]
Il n’y avait donc aucun mépris de ma part pour l’homéopathie. Ce qui compte en médecine c’est l’amélioration de l’état du patient quelle que soit la méthode choisie et la méthode choisie doit l’être en fonction de la gravité du cas. En outre, il est indéniable que l’effet placebo joue un grand rôle dans l’efficacité des médicaments allopathiques, ce qui permet parfois de douter des résultats de certains essais thérapeutiques lorsqu’il n’y a pas de comparaison avec un placebo.
[1] Oken BS : Placebo effects: clinical aspects and neurobiology. Brain (2008), 131, 2812-2823