A la veille du premier tour des élections présidentielles on se rend compte de la nocivité des sondages. Dans le panel proposé avant le vote, les candidats portent le dossard attribué par les sondeurs, d’autant plus qu’il apparait que les derniers sondages sont habituellement proches de la réalité du scrutin. Ces dossards distribués par les instituts de sondages donnent l’ordre d’arrivée avant la course. D’où la naissance de la notion de « vote utile » ou « vote efficace » ou « vote stratégique » qui peut conduire l’électeur à ne pas voter pour son candidat préféré dont il partage les convictions, mais pour un autre candidat mieux placé dans le but faire barrage à un troisième qu’il déteste davantage. Ne parlons pas de l’influence des sondages sur la façon pour chacun de mener sa campagne et de l’efficacité de celle-ci sur les futurs électeurs qui peuvent se désintéresser d’un futur perdant. Imaginez un instant – ce qui impossible dans une démocratie – que les sondages disparaissent de la campagne électorale, et que la course puisse se dérouler sans dossard, je suis persuadé que l’ordre d’arrivée serait différent et plus représentatif des opinions de la population.
Illustration : Théodore Géricault : « Course de chevaux »