Despentes – Vernon
Je viens de terminer le 2ème volume du roman écrit par Virginie Despentes intitulé « Vernon Subutex » du nom du héros qui sert de fil conducteur à l’œuvre.
Cela fait longtemps que je n’avais pas lu un livre récemment écrit ayant une telle puissance.
Enfin une écrivaine qui ne se borne pas à écrire l’histoire pitoyable de son nombril angoissé ou en relation avec le nombril d’autrui ou l’épopée héroïque de son cordon ombilical tendu ou rompu. Pas de récits tournant autour du père, de la mère, des frères, des sœurs, des amants, des amantes et Ô miracle, pas d’inceste.
Despentes a écrit une saga avec de multiples personnages introduits les uns après les autres, mais rien de disparate, l’architecture du livre est si bien faite que tout devient un ensemble cohérent. L’auteur décrit chaque personnage d’une plume souvent féroce dans un langage moderne qui peut heurter le puriste (meuf, live…) mais qui cadre bien avec l’ambiance générale.
Ce petit monde est le plus souvent marginal et touche de multiples milieux : la musique, le spectacle, le cinéma, le porno et celui des SDF etc…
Le seul reproche que je peux faire en tant que médecin est la banalisation de la drogue (le plus souvent douce) mais qui doit naturellement faire partie des milieux décrits.
Avoir le regret de terminer un livre est un indice de qualité. Mais je pourrais comprendre que l’on puisse ne pas adhérer à cet ouvrage qui manque de classicisme mais pas de classe.