Ce sont les adolescents français qui, en Europe, sont les plus déprimés. La prévalence (nombre de cas dans une population déterminée) de la dépression chez les adolescents a été évaluée[1] (selon un score précis) dans 10 pays européens et Israël, et chez 12395 jeunes (45% de garçons et 55% de filles, moyenne d’âge : 15 ans). Pour la dépression juvénile, la France tient la tête (15,4%) devant l’Allemagne (12,9%), la Slovénie (11,4%), l’Italie (9,2%), l’Espagne (8,6%), l’Irlande (8,5%), l’Estonie (7,9%), la Roumanie (7,6%), l’Autriche (7,6%) et la Hongrie (7,1%). Les adolescents français n’ont trouvé comme plus déprimés qu’eux que les Israéliens où la prévalence de la dépression est de 19,4%.
Peut-être que les jeunes israéliens ont quelques raisons d’être déprimés, habitant une terre entourée de pays hostiles et soumis pour la plupart à un long service militaire avec le risque permanent d’une guerre déclarée. Mais il est aussi possible que les raisons sont ailleurs. Pour les pays européens, la prévalence de la dépression semble n’avoir aucune relation avec l’état économique et politique du pays. Pourquoi les jeunes Français sont-ils les plus déprimés de tous les adolescents européens ?
Edvard Munch : « Puberté »
[1] Balazs J et coll. Prevalence of adolescent depression in Europe. 20th European Congress of Psychiatry, Prague, 3-6 mars 2012