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L’esprit de corps

Je viens de terminer « Journal d’un corps » de Daniel Pennac (paru au début 2012 aux éditions Gallimard). C’est le roman d’une vie mais axé sur les relations de l’esprit et du corps où le héros observe son corps à travers les évènements vécus, mais ceux-ci ne sont qu’ébauchés, tout en observant le corps des autres. Le corps est scruté dans toutes ses manifestations jusqu’aux plus triviales et sans s’appesantir sur les maladies, ce qui serait lassant et désespérant. Le sujet est original et parait a priori difficile à traiter mais Pennac le fait de façon astucieuse, avec humour et parfois émotion.

L’esprit n’est que l’émanation du corps, mais une fois qu’il nous a offert ce cadeau, qu’il peut nous retirer à tout moment, il reste indépendant en suivant sa propre évolution. Certes, l’esprit peut tenter de le modeler en lui imposant des exercices, en l’alimentant plus ou moins, en lui faisant subir des épreuves ou en les évitant, mais le corps n’accepte cette influence que jusqu’à un certain point et sa révolte peut s’avérer redoutable. Avec l’âge, le corps prend de plus en plus son indépendance et on le voit se modifier à sa guise en suivant une programmation génétique têtue et suicidaire sans pouvoir faire grand-chose. Rien n’est plus irritant pour l’esprit que cette indépendance quasi-totale du corps, et d’observer, impuissant, les surprises désagréables qu’il nous réserve au point de douter qu’il fasse partie de nous et pourtant nous ne sommes que lui.

Je me permets de publier à nouveau un petit poème que j’avais déjà mis en ligne le 31/01/09 :

 

LE COMPAGNON INFIDELE

 

Le corps n’en fait qu’à sa caboche matisse-l-homme.jpg

Il suit son bonhomme de chemin

Il fut un compagnon proche

En bonne forme chaque matin

Et plutôt agréable à fréquenter

 

Mais il se met peu à peu à s’éloigner

En faisant trop parler de lui

On traîne un compagnon étranger

Qui vient nous gâcher la vie

 

On le voit chaque jour changer

Il perd des petits bouts avec les ans

Des cheveux gris et des dents cariés

Son habit de peau devient trop grand

Il fait des plis, tout fripé et taché

 

Il s’incline un peu pour marcher

Il craque comme un sarment desséché

Et il s’en va un jour ou une nuit

Au moment où on a besoin de lui  

Matisse : "Homme"

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D
Je trouve la légende très belle (mais je n'en conclus rien, sinon que j'aime la poésie de ce récit). Les deux citations sont également belles, chacun peut en tirer ce qu'il veut.
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L
Ce serait trop compliqué à vous expliquer. La science ne s'appuie que sur ce qui est démontrable mais rejette tout ce qui ne l'est pas même si elle constate qu'il existe autre chose. intéressez vous au monde subtil pour commencer uniquement si ça vous tente sinon laissez tomber:) Alors je vous met juste deux citations et une petite histoire comme début de piste. Teilhard de Chardin a dit : « Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle. Nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. » 1. Werner Heisenberg (prix nobel de physique nucléaire 1932 -à 31 ans-) « la première gorgée dans le calice des sciences de la nature rend athée – mais au fond de la coupe il y a Dieu qui attend » Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eût un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette. Lorsque les dieux furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci: "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre." Mais Brahma répondit: "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera." Alors les dieux dirent: "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans." Mais Brahma répondit à nouveau: "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface." Déconcertés, les dieux proposèrent: "Il ne reste plus que le ciel, oui, cachons la divinité de l'homme sur la Lune." Mais, Brahma répondit encore: "Non, un jour, l'homme parcourra le ciel, ira sur la Lune et la trouvera." Les dieux conclurent: "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour." Alors Brahma dit: "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme: nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher." Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, exploré la lune et le ciel à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui. Bonne soirée.
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D
Quel fait a-t-il été avéré ?
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L
Pas une croyance mais un fait avéré et ça aide....et tout but humain devrait tendre dans le futur vers ce fait, ce n'est qu'une question de temps.
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D
Vous êtes l'homme des fermes résolutions. Je sens que le corps va filer doux.
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C
Depuis quelques mois, mon corps réclame de la nicotine et mon esprit répond "NON, pas question". Comme ça marche, je compte utiliser, le moment venu, la même fermeté contre la maladie et contre la mort.
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D
Et dans le miroir L'enfant que je suis S'étonne d'y voir Une tête blanchie ( Extrait de "Jeu de têtes" dans "AINSI VA LA VIE VI")
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+
Le début du poème Pangloss. La jeunesse n'est pas une période de la vie, Elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, Sa fin Si un jour, votre coeur allait être mordu par le pessimisme, Et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard ! Il ma semble que votre esprit au DR WO et à toi est en parfait état, et plus encore ! Nettoue
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D
Thème récurrent de la littérature.
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D
Oui, Docteur : "Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie...". Bien amicalement.
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D
Les deux sont tristes, mais j'ai connu des malades qui au début de leur maladie avaient conscience de perdre leur esprit, c'est dramatique.
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P
Je me souviens de ce poème. et de ce tableau. Qu'y a-t-il de plus triste: sentir le corps quitter l'esprit ou l'esprit quitter le corps?
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D
Oui, l'esprit influence le corps quand il veut bien se laisser influencer dans le bon sens quand il n'est pas malade (la volonté ne change pas le cours d'une maladie). Inversement, l'esprit est plus souvent capable de rendre malade le corps en provoquant des affections psychosomatiques.
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+
Je possède une copie bien mauvaise du tableau de Matisse et je l'ai mis en parallèle accroché à un mur avec le poème de Mac Arthur "Etre jeune"! La tête peut aussi influencer le corps Paul, j'y crois de toutes mes forces et je pense avoir un peu raison ! Votre poème m'a ravi, c'est un petit chef-d'oeuvre de délicatesse, où l'humour effleure les mots avec bonheur, merci ! Nettoue
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D
...ça aide.
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L
He oui doc fort optimiste et pourtant..............
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D
C'est une croyance fort optimiste. Essayez donc de supprimer le véhicule. On n'a aucune nouvelle de ceux qui l'on fait.  
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L
Nous ne sommes pas que le corps, nous sommes bien plus, il n'est qu'un véhicule qui nous permet d'expérimenter la vie sur terre dans un but précis qui ne peut être trouvé qu'individuellement, et si ce but n'est pas atteint, il faut revenir encore et encore jusqu'à ce que l'on ait trouvé.
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