J’ai été accroché par cette déclaration et cette image dans Huffingtonpost.fr :
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Coureuse sur ultra-distance et aventurière
Je me suis dépassée en parcourant 2045 kilomètres en Antarctique
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Il doit me manquer une corde sensible, mais ce genre d’exploit me laisse complètement froid et ce n’est pas seulement en raison de la température qui règne en Antarctique.
Je ne comprends pas et je ne n’admire pas une prouesse physico-mentale douloureuse quand elle est inutile, de la même façon que je n’admire pas le masochisme (j’admire encore moins le sadisme).
Cette « coureuse sur ultra-distance et aventurière » s’est dépassée elle-même, ce qui va de soi puisqu’elle était seule, mais pour quoi faire ?
Je comprends très bien et j’admire ceux ou celles qui tentent une aventure, en prenant des risques, pour explorer ou démontrer quelque chose car leur exploit pourra servir à d’autres s’ils se retrouvent dans les mêmes circonstances exceptionnelles ou si leur découverte augmente les connaissances humaines.
Tenter quelque chose pour « se dépasser » est purement égoïste et d’ailleurs dans le cas présent l’exploit sera relaté dans un livre et fera l’objet d’un film, ce qui pourra rentabiliser l’exploit et le rendre au moins utile à l’intéressée.
Cette recherche de l’autosatisfaction douloureuse (qui mériterait éventuellement une évaluation psychologique) peut d’ailleurs mal se terminer et coûter fort cher lorsque des sauveteurs, parfois bénévoles et en prenant eux-mêmes des risques, se trouvent dans l’obligation d’aller repêcher un naufragé qui voulait faire joujou avec son voilier pour épater autrui, d’aller sauver un téméraire inconscient en montagne ou un aventurier en perdition sur un point dangereux du globe où personne ne lui demandait d’aller.