Hier soir la palme d’or du festival de Cannes a été décernée au Britannique Ken Loach pour son film : « Moi, Daniel Blake » dont le héros est un chômeur.
Dans son discours le réalisateur s’est livré à une charge contre le néo-libéralisme à l’origine de la concentration des richesses en peu de mains, ce qui est vrai, et responsable de l’état de la Grèce et du Portugal, ce qui l’est moins.
Ce discours, en ce lieu, avait quelque chose de surréaliste.
Une charge contre le capitalisme prononcée par un homme en smoking – dont je ne doute pas de la sincérité – auteur d’un film dont la réalisation avait exigé des capitaux fournis par des capitalistes dans l’espoir d’un retour sur investissement qui sera sans doute favorisé par cette palme d’or.
Un discours discordant chaleureusement applaudi par une assemblée rutilante de richesses, sans doute également concentrées entre les mains de certains des spectateurs, et devant des femmes en robe de soirée, bijoux de prix au cou, aux poignets et aux oreilles.
Un discours devant ces stars qui avaient foulé le tapis rouge et monté les marches, les fesses revêtues (parfois à peine) par des robes superbes et certaines extravagantes dont le prix de chacune aurait pu nourrir une famille pendant des semaines ou des mois.
Alors, j’ai trouvé ce discours un peu déplacé, voire indécent.