18 Août 2024
Ce matin, au petit déjeuner, j’apprends donc qu’Alain Delon est mort. Manifestement, les gens tombent autour de moi. La vie est une guerre où les combattants qui nous entourent tombent les uns après les autres et on se dit que le prochain ce sera peut-être soi.
Alain Delon avait une belle gueule et jouait fort bien la comédie. Ce matin, comme de coutume lors de la disparition d’un personnage connu, ceux qui le connaissaient bien ont été interrogés et aussi ceux qui le connaissaient à peine mais que le journaliste avait sous la main.
Alors nous avons eu droit à une page de louanges sans fin et l’impression que sa profession de comédien n’avait été exercée que dans le sacrifice, le don de soi, qu’il s’agissait d’un héros exceptionnel, un monstre sacré (toujours le dernier), un géant, pourquoi pas un génie dont l’apport à la civilisation avait été déterminant. Que diable ! Ce n’était qu’un bon comédien incarnant des histoires inventées par d'autres et tenant des discours dont il n'était pas l'auteur. Il avait eu la chance de naître avec une belle gueule qu’il a bien exploitée en nous laissant des films que nous reverrons avec plaisir.