Pour ne pas désespérer de l’humanité, il y a les publicités. Avez-vous vu ou entendu une publicité qui vous veut du mal ? Non, aucune, elles vous veulent toutes du bien. C’est réconfortant. Chaque jour je reçois des messages de la part des fournisseurs de téléphonie ou d’internet qui tiennent absolument à me faire gagner de l’argent. C’est également le cas des sociétés d’investissement et des banques qui clament haut et fort qu’elles veulent m’enrichir en étant pour leur part à peine intéressées car elles veulent avant tout mon bien. Certes, parfois elles laissent échapper une bévue comme la Société générale qui avait brièvement claironné il y a quelques années : « votre argent m’intéresse » alors qu’il est évident que c’est mon intérêt qui l’intéresse. Les assurances nous offrent une protection quasiment maternelle, elles nous encouragent même à prendre des risques ou avoir des accidents pour nous montrer à quel point elles ont bonnes. Parmi les grandes surfaces, les établissements Leclerc se conduisent en véritables philanthropes. Ne parlons pas des aliments et des boissons qui, consommés, provoquent manifestement des plaisirs intenses sources d'agitations diverses. Pour les voitures, à voir la tête des conducteurs et des conductrices, on a vraiment l'impression d'assister à un orgasme. Quant aux grands pollueurs devant l’Eternel, ils répètent par tous la canaux (vidangés) que leur souci principal est la préservation de la planète et la lutte contre le réchauffement climatique. Tout le monde se décarcasse pour que notre vie soit meilleure, plus confortable, plus enrichissante (pour qui ?), et nous rendre plus léger (pour le compte en banque ?). Alors pourquoi désespérer de l’humanité ? Le tableau de Magritte est intitulé : "La trahison des images". S'agissant de la publicité, on ne saurait mieux dire.