PARIS GRELOTTE
Entre les fêtes, Paris grelotte.
Comme un glaçon, le Soleil flotte
Et fond dans un ciel bleu banquise.
Les nez coulent sous la bise.
La lumière évite la Madeleine noire,
Elle glisse au ras des trottoirs
Et s’amuse à offrir aux passants
Des ombres étirées de géants.
Les promeneurs entrent se réchauffer
Les joues rouges et la goutte au nez
Dans les salles obscures devant des images
De pays chauds où les gens sont en nage.
Les pigeons, le gros dos, pelotonnés
Sur les branches noires et dépouillées,
Boules de plumes attendant en silence
Que l’hiver ait un peu de clémence.
Le jour se couche tôt et fait grasse matinée.
Celui qui dormait sous le nez des banquiers
N’est pas dans son lit qui semble abandonné.
Sera-t-il là demain après une nuit
glacée ?
Paul Obraska