Pieter Bruegel l’Ancien « Les estropiés »
SOUS TERRE
A la station Duroc, dans le boyau sous terre
Qui résonne des bruits des pas redoublés
On entend la plainte de Mozart massacré
Par un accordéon qui chante la misère
En s’appliquant avec tant de tendresse
Que je m’arrête pour lui donner la pièce
Sur la ligne treize dans le wagon bondé
Un homme, les yeux rouges et les traits tirés
Raconte sa vie que personne n’entend
La rame s’arrête et l’homme descend
Sur la ligne dix Austerlitz – Saint-Cloud
Une femme, un enfant pendu à son cou
Tend une main en murmurant des mots
En montrant son enfant aux yeux clos
Il dort toujours sans jamais s’éveiller
Je ne l’ai jamais entendu pleurer.