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DANS MA VILLE I

BRUMES
 
Brumes sur la ville, panaches frêles
Gomment les contours, effacent la laideur
Ville dans un rêve, ocre dans le ciel
Qui saura effacer nos douleurs ?
 
Brumes sur la ville, ocres souvenirs
Contours tranchants de nos peines
Rien ne peut les adoucir
Ensevelies, elles coulent dans nos veines
 
Angoisse, brume du malheur
Efface l’espoir
Gomme les joies, noircie nos heures
 
Ville dans la brume, fantôme du soir
Le monde s’évanouit dans le brouillard
Reste la peur 


Paul Obraska

    DSC00493.JPG

 
 

NOVEMBRE AU SACRE-COEUR  

Les chansons nées au-delà des mers S’élèvent des marches du Sacré-Cœur Les notes de guitare glissent  sur les pierres Et enveloppent  la voix du chanteur   Les gens assis près des notes de guitare Eblouis par le soleil froid de Novembre Regarde Paris lointain sous le brouillard Et les arbres d’automne semés d’ambre   Les gens venus d’au-delà des mers Dans ce fantôme d’été en Novembre Se sourient dans la douce lumière   Des photos en couleurs plein l’appareil Ils fredonnent sur les marches de pierre Le visage aux rayons obliques du soleil 

Paul Obraska


 
    
 

PLACE DU TERTRE

 

Place du Tertre gorgée

De promeneurs placides

Les parasols au reflet blanc bleuté

Ouvrent leurs corolles translucides

 

Venue de la blancheur du ciel

La lumière de décembre fait merveille

A travers une trouée de ruelle

Elle retouche les toiles d'un peu de soleil

 

Devant les rangées de croûtes touchantes

Les touristes cassent leur croûte aux cafés

Les artistes abordent la planchette tentante

Les blondes étrangères rubicondes à croquer

 



Paul Obraska

 

  guitare-3.JPG


POUR
 

Une butte pour montagne Paris pour plaine Une vigne pour campagne Une église pour reine   Des escaliers pour rues Des marches pour bancs Des vivants pour statues Des morts pour talents   Des habitants pour mémoire Des copistes pour artistes Des défilés pour boire Des restaurants pour touristes   Des autos pour carrousel Un ascenseur pour rails Des caméras pour bretelles Des photos pour mitraille   De la pacotille pour Afrique Des quêteurs pour musiciens Des rengaines pour musique Des jouets pour trains   Des pavés pour nos pas Des ruelles pour nos yeux Une épaule pour mon bras

Montmartre pour nous deux

 
Paul Obraska


Place.-Les-3-photographes.JPG
 
 

LE BATEAU-LAVOIR 


Sur la place Emile Goudeau, les arbres entrelacés
Veinent par l’ombre de leurs bras nus et noirs
Le quadrillage bossu des pavés penchés
Que le soleil peint sous leur pochoir.

Les réverbères efflanqués et solitaires,
Eteints le jour tels des noctambules endormis,
Attendent patiemment que vienne la nuit
Pour nous faire partager leurs lumières. 

La place Emile Goudeau, de son perchoir,
S’incline vers les Abbesses par la rue Ravignan.
Sortis des cendres du bateau-lavoir,
Des fantômes qui furent dissidents
Viennent se reposer de leur gloire,
A l’ombre des arbres, sur les bancs. 

Peintres et poètes surgissent comme des mirages
Dans le viseur des chasseurs d’images,
Le déclencheur avide de ces lieux légendaires,
Où sont passés Picasso, Gris, Apollinaire,
Braque, Max Jacob, Vlaminck, Modigliani,
Marie Laurencin, Van Dongen ou Dufy… 

Ils ont quitté depuis longtemps la place inclinée,
Mais derrière eux un parfum de poésie persiste
Et le promeneur en ces lieux se met à rêver
A l’éclosion magique de ce bouquet d’artistes


Paul Obraska

   

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L
Tant de merveilles au coeur de vos mots, Paul ... Toute mon amitié nocturne, je quitte votre blog à regret ... Dormez bien ... Et j'espère découvrir un nouveau poème demain .<br /> Liza
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L
Epoustouflant de beauté, toujours ce regard des gens "extra"ordinaires ... Et puis "Brumes" ... le blues . Toute mon amitié .<br /> Liza
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