Le fond de l’air n’est pas frais, il empeste. Il est pollué par des miasmes qui deviennent irrespirables et finiront par devenir toxiques.
Les informations ne nous donnent qu’une petite idée du phénomène qui s’épand comme du fumier – à ce qu’on dit – sur les réseaux sociaux. Ouï-dire, car pour ma part je ne fréquente que des blogs dont les billets n’ont pas la vitesse de propagation des réseaux à partages multiples.
Néanmoins, je suis amené à lire des commentaires sur d’autres blogs qui me frappent par le mépris et souvent la haine qui s'y expriment et qui visent essentiellement nos dirigeants. Beaucoup d’outrecuidance pour mépriser quelqu’un comme Macron (quelle que soit l’antipathie que l’on peut éventuellement éprouver à son égard) ou un ministre (à condition qu'il soit honnête, ce qui est tout de même le plus souvent le cas). Quant à la haine, elle est à mon avis toujours méprisable.
Ne pas mépriser, ne pas haïr mais critiquer sûrement et parfois vertement. Car nous avons la chance de vivre dans un pays avec la possibilité de critiquer même sévèrement le pouvoir sans se retrouver dans un cul-de-basse-fosse. Et même cet avantage de notre démocratie ne trouve pas grâce chez certains, atteints du mal révolutionnaire, et qui jouent à vouloir abattre un régime dictatorial pour sortir de leur inexistence politique.
Je sais que je me fais beaucoup d’illusions en pensant qu’une critique argumentée aura plus d’impact que le mépris et la haine. Il faut se rendre à l’évidence, la raison n’a plus sa place là où existe la détestation, et il est plus facile de détruire que de construire. Mais pourtant chacun le sait : les ruines n’ont de charme qu’anciennes.
Courbet : « Le désespéré »