Ce billet est une réponse à un commentaire d’une visiteuse qui revient fidèlement sur mon blog et me fait remarquer que les croyances semblaient me chagriner. Les croyances en elles-mêmes ne me gênent en aucune façon. Cela ne me chagrine pas que des gens fort nombreux croient qu’une entité qu’ils appellent Dieu et qui est à notre image (puisque nous sommes à la sienne, ce qui est plutôt valorisant) ait créé en peu de temps un univers sans limite (sinon, il serait dans un autre univers) et dont les dimensions observables seraient de l’ordre de 100 milliards d’années lumière. Cela ne me gêne pas que des gens croient que parmi les myriades de galaxies cette entité ait choisi la nôtre, que parmi les myriades de systèmes solaires il ait choisi notre étoile et la Terre pour créer l’homme et pour se manifester à nous. Cela ne me gêne pas que des gens croient que ce Dieu ait éprouvé la nécessité de se cacher dans un buisson du Sinaï pour faire la causette à Moïse, qu’il ait eu la charité de se faire crucifier sous la forme d’un homme pour racheter nos péchés avec le succès que l’on sait, que sa mère toujours vierge ait la bonté d’apparaître de temps en temps pour nous rassurer. Cela ne me gêne pas que des gens croient que Dieu ait transmis les versets du Coran à Mahomet par l’intermédiaire de l’archange Gabriel.
Toutes ces croyances et d’autres ne me gênent pas, chacun est libre d’y croire. Je serais même reconnaissant aux croyants d’avoir au nom de leurs croyances créé des œuvres admirables et même d’avoir ajouté quelques préceptes moraux qui, s’ils ne sont pas suivis, ont le mérite d’exister.
Ce qui est effrayant, c’est qu’au nom de ces croyances, prises pour des certitudes, des croyants, aisément fanatiques, ont justifié et justifient encore leurs tueries : massacres d’hérétiques ou de juifs, tortures de l’Inquisition, bûchers, croisades, massacres d’indiens chez lesquels les bons prêtres niaient l’existence d’une âme, guerres de religions, destruction des tours de New-York, incendies d'églises et lapidation des femmes en pays musulmans, et sous nos cieux méséricordieux, assassinat d’une fillette tenue par les cheveux pour lui loger une balle dans la tête.
Les croyances aussi déraisonnables soient-elles ne me chagrinent pas, c’est ce qu’elles risquent de provoquer qui me révolte.