5 Septembre 2013
Dans le square du poète Rictus, place des Abbesses
Des bouts de langues échappées nues font le mur
Des langues étranges, des langues étrangères
Les unes contre les autres, elles se pressent
Langues ennemies sans armure
Sans barrières, sans frontières
Des hiéroglyphes désordonnés
Eclats blancs d’abécédaire
Des phrases amputées
Des mots solitaires
Peut-être des bêtises
Peut-être des insultes
Peut-être des mots d’amour
Peut-être des mots de haine
Des mots mélangés dans le bleu des carrés
Alignés sur le mur comme des exemples à fusiller
Et le pigeon voyageur au pied du mur regarde l’ouvrage
Tous les messages transportés par-dessus les murs
A travers les pays en paix ou livrés au carnage
De la confusion des mots monte un murmure
Une cacophonie que personne n’entend
Que personne ne comprend
Que personne ne lit
Paul Obraska
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