L’ouverture des terrasses fut bien arrosée. De ma fenêtre j’ai surveillé les avatars du restaurant d’en face dont les propriétaires avaient sorti pour le déjeuner quelques tables sur le trottoir. Ce petit restaurant tenu par deux jeunes s’étant ouvert – et avec succès – quelques mois avant le premier confinement, j’espérais que le ciel leur soit favorable. Que nenni. Les premiers clients qui s’étaient attablés au bord de la chaussée furent chassés par l’averse et se réfugièrent à l’intérieur pour y rester en emportant leurs plats. Le soir nous avons tenté l’aventure ailleurs. Un œil sur le plat, un œil sur le ciel. Nous sommes restés au sec et nous avons retrouvé et savouré un plaisir dont nous avions été privés de longs mois. Incontestablement, c’était bien avant. Rien de tel que d’être privé d’un plaisir pour l’apprécier quand on peut à nouveau le goûter. Au cours de ce dîner, nous étions quatre et la conversation allait bon train, mais pour conserver la sérénité du moment, nous n’avons pas parlé du médecin du CHR de Metz-Thionville qui fut harcelé et menacé de mort sur les réseaux sociaux après avoir publiquement douté de l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans la prise en charge des malades de la Covid. Ni de l'affirmation de Philippe de Villiers sur CNews le 18/05/21 d'avoir été guéri de la Covid par l'hydroxychloroquine associée au pastis sur les conseils - a-t-il dit - du Pr Raoult. Illustration : Van Gogh : "Terrasse de Café le Soir, place du Forum".