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Ballon crevé

Ce qui vient de se passer ces dernières 24 heures me laisse perplexe. Le ministère de la Santé annonce samedi que l’on envisage de demander une contribution aux médecins prescripteurs du Médiator pour indemniser les victimes de ce médicament (voir l’article précédent) et le lendemain le ministre de la Santé dément cette information.

 

Et c’est à ces gens-là qu’est confié le gouvernement de la France ?!

 

1° S’il s’agit d’un « ballon d’essai », il était crevé dès le départ car cette décision était injustifiable, incluant en outre une demande éventuelle du laboratoire Servier et il était évident qu’elle allait soulever de vives protestations.

 

2° Une telle décision, même si elle rapidement retirée, a un effet désastreux dans l’esprit de ceux qui sont visés et dans celui des gens sensés.

 

3° Si cette annonce a été faite sans l’aval du ministre, c’est que celui-ci ne tient pas son ministère ou qu’il a quelques ennemis à l’intérieur.

 

4° Annoncer une décision pour la retirer le lendemain prouve que le gouvernement fait n’importe quoi, sans la moindre réflexion préalable, ce qui est inquiétant et fait douter de l’intelligence de ceux qui nous gouvernent.

 

On peut difficilement être plus maladroit.

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O
Perspicace. DR WO
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Â
"le gouvernement fait n’importe quoi, sans la moindre réflexion préalable, ce qui est inquiétant et fait douter de l’intelligence de ceux qui nous gouvernent." Je m'en doutais.
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O
Non. J'ai dit "sous leur responsabilité quant à l'effet thérapeutique". C'est à dire si vous ajoutez une indication c'est pour traiter un trouble donné et si le médicament hors AMM n'est pas efficace alors qu'un autre qui avait l'AMM pour cette indication aurait pu l'être, vous avez tort. A l'inverse, un médicament peut être essayé hors AMM sur une pathologie dépourvue de traitement spécifique. C'est ainsi que la colchicine, médicament spécifique de la goutte, a été essayée hors AMM et avec succès dans la maladie périodique qui n'a rien à voir avec la goutte. Si on ne l'avait pas fait la maladie périodique n'aurait eu aucun traitement efficace. Dr WO
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P
"Sous leur responsabilité". Vous ajoutez une pierre à mon édifice.
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O
Bien sûr, c'est ce que j'ai avancé dans mon premier article. Si l'on se bornait définitivement à l'AMM initiale, des progrès thérapeutiques seraient bloqués. Un autre exemple est celui du minoxidil, mis sur le marché pour le traitement de l'hypertension artérielle et qui est devenu une lotion pour la repousse des cheveux ! Les médecins ont le droit de prescrire hors AMM mais sous leur responsabilité quant à l'effet thérapeutique et théoriquement en ajoutant NR (non remboursable) sur l'ordonnance. C'est seulement sur cela que la sécu pourrait demander légalement des comptes. Encore que l'obésité étant une maladie avec risque secondaire de diabète, l'indication entre dans l'AMM. Je dois ajouter que pour ma part, je trouve très discutable de prescrire un coupe-faim. Dr WO
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P
Un médicament peut avoir des applications non prévues au départ. Exemple: le Viagra ou même l'aspirine.
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O
Quelle que soit la façon dont cette "piste de recherche"... d'argent a été lancée, elle l'a été. J'ai vu sur votre blog que Geo est outré que les médecins généralistes n'aient pas à payer les bêtises suspectes des organismes de contrôle et des gouvernement successifs. Un peu superficiel. Dr WO
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P
Il est vrai que la pression journalistique est forte. Mais il s'agit de choses sérieuses. Sur lesquelles il ne faut pas raconter n'importe quoi. Et la rumeur a quand même couru. On peut devenir soupçonneux: Servier (grand ami de Sarko) n'a-t-il pas intérêt à ne pas être tout seul à payer? La rumeur a-t-elle été lancée par lui ou par "quelqu'un" du gouvernement, du ministère ou de l'AFSSAPS qui est son obligé? qui était son obligé. Juste pour voir si ça pourrait passer.
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O
Alors, on n'annonce pas le brouillon et au mieux on tombe dans le 3°. Si la "piste de recherche" a été rendue publique avec l'aval du ministre, c'est un ballon d'essai (cas numéro 1) et la maladresse est toujours là. Dr WO 
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C
Il dit que cela faisait partie des "pistes de recherches" et que cela n'a jamais figuré dans le rapport final. Si c'est vrai (et seulement dans ce cas) ne tombons pas dans le panneau journalistique, Doc ! Car avec ce genre de procédé, on va finir par corriger les épreuves du bac, non plus sur la feuille que le candidat a remis mais aussi sur la base du brouillon qu'il a jeté à la poubelle !
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