L’étudiant Farid Benyettou, l'ex-mentor des frères Kouachi, auteurs de la tuerie à Charlie Hebdo, est étudiant infirmier en stage aux urgences de la Pitié-Salpêtrière depuis décembre dernier. Comme je vous le dis.
En 2005, Farid Benyettou avait été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", et fut condamné en 2008 - en compagnie de Chérif Kouachi - à six ans de prison par le tribunal de Paris.
Amedy Coulibaly – le tueur de Vincennes - ayant déclaré au Monde en 2008 : « La prison, c’est la putain de meilleure école de criminalité », il a donc paru plus prudent de laisser sortir ce bon Farid au bout de 3 ans.
Sorti de prison en 2011, après avoir effectué la moitié de sa peine, Farid Benyettou s'est inscrit l'année suivante à une formation au sein de l'Institut de formation des soins infirmiers (Ifsi). Je suppose qu’il pouvait penser qu’un infirmier compétent, formé par la France, serait bien utile au djihad (et moins dangereux pour lui que d’être combattant).
Curieusement, l'Ordre infirmier n'était pas au courant du passé carcéral de cet individu, mais "tient à rappeler l’exigence éthique fondamentale de la profession infirmière" et souligne que "l’accès est contrôlé tant sur des critères de compétence que de moralité et d’indépendance de ses membres, critères qui sont identiques quel que soit le lieu de l’exercice professionnel (secteur public ou privé, exercice libéral)". Un rappel qui me semble en effet indispensable pour combler une lacune qui fait un peu désordre dans l’Ordre.
Lors de l'inscription à l'Ordre, une vérification du casier judiciaire des diplômés est donc en principe effectuée mais peut-être avec une certaine distraction. Cependant, il assure que, malgré son diplôme, Benyettou ne pourra jamais être inscrit et donc être en mesure d'exercer en France. Nous voilà rassurés.
Pour l’AP-HP, tout baigne : "La situation de cet élève infirmier est régulière et elle est connue, depuis le début de sa scolarité, tant par la direction de l'école où il est scolarisé que des services de police. Une condamnation portée sur le casier judiciaire interdit d'être recruté sur un emploi public, mais sans interdire de passer le diplôme, qui peut être valorisé dans d'autres lieux d'exercice que les établissements publics".
Donc, continuons à former ce futur djihadiste probable afin qu’il puisse donner éventuellement ses soins aux malheureux égorgeurs blessés par les ennemis de l’islam, une fois son diplôme français en poche.
L’Etat islamique devrait nous être reconnaissant de contribuer à la formation de son service de santé, car pour ce qui concerne le maniement des armes, il a ses propres formateurs.
Le dernier dessin d’Honoré paru dans Charlie Hebdo
Source : Leparisien.fr