Je me pose la question : les gouvernants n’ont-ils pas une forme mineure[1] d’autisme ? Enfermés dans leur monde depuis des années, ils semblent avoir du mal à communiquer avec l’extérieur. Sinon pourquoi la plupart des gouvernants feraient-ils appel à des « spécialistes » de la communication et le titre qu’on leur donne : « spin doctors » est manifestement médical. Ces soignants (dont les honoraires varient de 5000 à 10000 € par mois)[2] se penchent sur le patient pour lui apprendre les attitudes à avoir, les paroles à prononcer, la façon de le faire, les petites phrases qui font mouche, les slogans à utiliser, les thèmes à aborder, souvent d’une grande originalité comme ceux conseillés à notre ministre de l’Education nationale par son praticien préféré : « cartable trop lourd », « produits pas chers pour la rentrée » etc…Il est dommage que les parents ne soient pas rémunérés pour conseiller au ministre d’aborder ces thèmes qui ne lui viendraient pas tout seul à l’esprit, alors qu'il est passé - comme la plupart de ses confrères - par "les Grandes Ecoles" (ce qui, paradoxalement, n'est pas toujours le cas de ceux qui leur servent de précepteurs).
On comprend pourquoi les hommes politiques du passé ont parfois échoué malgré leur personnalité et leur éloquence naturelle. Avec un « communicant », Clémenceau, le « Père la Victoire », aurait sûrement été élu Président de la République, Churchill ne se serait pas retrouvé dans l’opposition après avoir gagné la guerre et De Gaulle ne se serait pas retiré après l’échec du référendum sur la « régionalisation », facilement acceptée par la suite.
[1] Il est possible que certains soient atteints d’une forme plus sérieuse.
[2] Le Point du 12 mars 2009.