En Inde, l’âge légal du mariage est passé de 12 ans en 1929 à 18 ans en 1978, mais le mariage de fillettes persiste, surtout en zone rurale et dans les milieux pauvres. Ce sont souvent des mariages forcés. Sur 14813 jeunes femmes mariées (Anita Raj et coll, Lancet 2009)), près de la moitié l’avaient été avant 18 ans, près du quart avant 16 ans et 2,6% avant 13 ans, avec des époux en général nettement plus âgés. Grossesses non désirées et leur interruption sont multiples, d’où la fréquence de la stérilisation de la femme avant l’âge de 18 ans. Les avortements visent plus particulièrement les fœtus de sexe féminin, car « avoir une fille c’est comme planter un arbre chez le voisin », l’arbre en question étant la dot nécessaire pour se débarrasser de sa fille.
En Inde, cette nécessité de la dot peut prendre un tour plus tragique. Lorsque les membres de la belle famille d’une jeune épousée estiment que sa dot est insuffisante, la sanction est radicale : la jeune femme est aspergée d’essence et immolée par le feu. Cette façon de déclarer sa flamme date de temps immémoriaux et est appelé « crime de dot ». D’après la police le chiffre annuel de ces immolations serait de 6787. En fait, il est très sous-estimé car seules sont comptabilisées les plaintes. Des chercheurs indo-américains (Prachy Sanghavi et coll, Lancet 2009) pensent que le chiffre réel est probablement 4 fois plus élevé, ce qui nous amènerait à une hécatombe annuelle d’environ 25000 jeunes femmes. Mais ne faut-il pas respecter les particularités culturelles ?