Emmanuel Macron a fait un peu de tourisme à l’étranger en essaimant quelques discours de ci delà, histoire de faire pousser la polémique dans l’hexagone. Après avoir survolé le globe, de retour au pays, il retrousse ses manches pour « aller sur le terrain », et voilà que la Première ministre Elisabeth Borne compte faire de même. Quand ça va mal les politiques ne manquent pas « d’aller sur le terrain » pour montrer qu’ils existent. Au contact. Les politiques se gargarisent de cette formule pour montrer combien ils sont proches de leurs concitoyens (et surtout de leurs électeurs). Ils font une apparition en général fugace, très organisée et encadrée, pour retourner bien vite dans leurs palais, conduit par leur chauffeur attitré qui ne respectera pas les limitations de vitesse, tellement le maître est pressé de rentrer. En fait, c’est une façon de s’exprimer méprisante ; le terrain, c’est quoi ? Des champs peuplés de péquenots ? Des quartiers incertains ? Des chantiers salissants ? De la boue ? Du purin ? des ordures ? Attention ! Les politiques choisissent leur terrain, mais il faut leur rendre hommage quand ils se vantent « d’aller sur le terrain » comme on va à la guerre, car c’est faire preuve de courage que de se mêler à la populace quand certains aimeraient les passer à la casserole, mais en faisant plus de bruit que de peur.